UATCI

AUX TRAVAILLEURS D’EXIGER DE MEILLEURES CONDITIONS DE TRAVAIL

LE QUOTIDIEN DES TRAVAILLEURS

L’amputation du doigt d’un travailleur par une machine à UNIWOOD, une scierie située dans la zone industrielle de Yopougon, remet à l’ordre du jour la dégradation continue des conditions de travail dans cette zone industrielle. En effet, dans cette entreprise, les accidents de travail sont monnaie courante. Les machines sont vétustes. Le patron ne fait rien pour équiper les travailleurs d’un minimum de matériel de sécurité. Il n’y a pas de chaussures de sécurité, pas de casque, pas de gants. Contre la poussière, le patron ne donne que des cache-nez ridicules. L’hygiène est le dernier de ses soucis, les toilettes son très sales et à couper toute envie de faire ses besoins. Les travailleurs ne bénéficient d’aucune couverture maladie. Comment dans ces conditions, s’étonner de la survenue fréquente d’accidents de travail ?

Mais, cet exemple n’est pas un cas isolé. A INTERPACK, une entreprise exerçant dans le plastique, les ouvriers ne disposent même pas de tenue de travail. C’est à l’ouvrier de trouver parmi ses vieux habits une tenue pour travailler. Ce sont des lêkês (des chaussures en plastique qui ne protègent contre rien du tout) qui leur servent de chaussures de sécurité. Les ateliers sont mal aérés. On y respire des odeurs de plastique à longueur de journée, sans être vraiment protégé contre cela. Ce qui est grave, c’est qu’on ne sait rien de la toxicité de ces fumées.

À SIPROCHIM, une entreprise de fabrication d’eau de javel et autre détergent, c’est le même constat. Dans la section javel par exemple, les ouvriers travaillent sans protection, exposés aux produits chimiques. Les travailleurs ne disposent même pas de lunettes de protection. Il suffit de voir les taches de javel sur ce qui tient lieu de tenue de travail (car le patron ne le leur fournit pas) pour s’imaginer l’action que peut avoir ces substances sur la peau des travailleurs.

À l’aciérie de SOTACI, il y a quelques mois, un accident de travail a amené les travailleurs à marquer un arrêt de travail pour exiger du matériel de sécurité adéquat. Plutôt que d’accéder à leurs revendications qui ne coûteraient pas grand-chose, ce patron a préféré répondre par des menaces de renvoi.

Un autre exemple plus parlant, c’est le cas des éboueurs. Ceux-là même qui sont en contact direct avec les ordures. On les voit travailler dans les rues d’Abidjan en contact direct avec ces nids à microbes sans aucune protection, sans que cela n’émeuve un tant soit peu les autorités.

Bref, on mettrait des pages et de pages à égrener ce genre d’exemples. Pour les patrons la vie et la santé des travailleurs sont des choses négligeables, encore plus s’il s’agit d’un journalier. Face à cela, il revient aux travailleurs de trouver les moyens d’exiger des conditions de travail adéquats. Ensemble, ils ont d’autant plus les moyens d’agir et de faire reculer leurs exploiteurs.


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