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SOROUBAT : L’ÉTAT ENTIÈREMENT AU SERVICE DES PATRONS

LE QUOTIDIEN DES TRAVAILLEURS

Le mouvement des travailleurs de Soroubat a encore connu un autre rebondissement. Rappelons que depuis plusieurs mois, les travailleurs de cette entreprise de Bâtiment et de travaux publics sont opposés à leur patron pour réclamer entre autres, le respect des barèmes officiels de salaires, la déclaration à la CNPS, le paiement des rappels des heures supplémentaires et des dimanches ainsi que des jours fériés… le respect et la dignité. Les autorités, totalement au service des capitalistes, au lieu de mettre le patron en prison, s’en sont plutôt prises aux travailleurs qui ne faisaient que revendiquer leurs droits, en taxant leur grève d’illégale. Ainsi, dans un premier temps, cinq travailleurs ont été jetés en prison avant d’être libérés quelques jours plus tard, sans aucune contrainte pour ce patron qui les avaient mis en prison pour rien.

Après cet épisode, puisque aucun des problèmes pour lesquels les travailleurs s’étaient mis en grève n’avaient été résolu, les travailleurs préparaient une nouvelle grève.

Le patron, une fois de plus, voyant la menace venir et résolu qu’il est à ne rien céder aux travailleurs, a décidé de contrattaquer. Bénéficiant de la complicité totale des autorités, il a cette fois-ci mis en prison le Secrétaire Général du Syndicat auquel les travailleurs sont affiliés et qu’il n’arrive pas à acheter. Soroubat, avec son réseau et son argent, a réussi en le mettre en prison, sans même qu’il ait été entendu avant par un magistrat.

Devant la mobilisation des travailleurs qui ont immédiatement protesté contre cette nouvelle injustice, en arrêtant le travail, il a mis une vingtaine de travailleurs à la porte avec interdiction d’entrer sur le chantier.

De peur d’une nouvelle réaction des travailleurs sur le chantier, le patron a fait encercler le chantier par un impressionnant dispositif de forces de l’ordre. Il a, lui-même déplacé spécialement un commissaire de police sur le terrain pour lui servir personnellement de garde de corps. Et comme tout ceci n’était pas suffisant, des vigiles armés ont été recrutés. Même des chiens ont été engagés pour la surveillance du chantier.

C’est à ce prix que le patron a réussi à maintenir les travailleurs. Mais pour combien de temps ?

Pour exploiter les travailleurs et les maintenir dans cet état, les patrons savent qu’ils peuvent compter sur l’appui des autorités administratives et policières. Ici, même un aveugle peut voir comment l’État protège les intérêts du capitaliste contre les travailleurs.

Dans tous les cas, les travailleurs n’ont pas encore dit leur dernier mot. La lutte continue.


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