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CITÉ ALLIANCE : APRÈS PLUSIEURS TENTATIVES, LES TRAVAILLEURS S’ORGANISENT

La Société d’Entreprise Générale (SEG) est la structure qui a en charge la construction de la cité « Alliance » sur la route d’Anyama en passant par Abobo N’dotré. Les travaux de cette cité de 8.000 logements ont commencé il y a un peu plus d’un an. Mais ces travaux se déroulent dans des conditions très difficiles pour les travailleurs. Pour y accéder, les moyens de transport sont rares et la société refuse de mettre un car de transport à leur disposition.

A la descente le soir, les travailleurs sont obligés de faire de « l’auto-stop ». Pire encore, sur le chantier de ce grand projet, la direction de SEG n’a pas fait une installation dans les normes. Les travailleurs, pour faire leurs « petits besoins », sont obligés d’aller dans les broussailles, au risque de se faire mordre par les serpents. Même pour l’eau à boire, il n’y a qu’une seule fontaine située près de la direction du chantier, obligeant ainsi les travailleurs à faire des centaines de mètres pour y accéder. D’ailleurs, le nouveau directeur technique pense avoir trouvé la solution en interdisant aux travailleurs d’aller chercher de l’eau et d’aller aux toilettes pendant les heures de travail sous peine d’amende de 2 heures en moins ou, au pire des cas, se faire licencier.

En plus de ces mauvais traitements s’ajoute le bas salaire des manœuvres qui touchent en tout et pour tout 2500 F par jour. A titre de comparaison, certains ouvriers touchent 6000 F, d’autres 5000 F. Pour la paie de ces salaires de misère, les travailleurs attendent jusqu’au 20 du mois pour la première quinzaine et, pour la deuxième, c’est souvent le 7 ou le 8 du mois. C’est d’ailleurs ces retards de salaire qui sont à la base de la dernière grève du 8 janvier dernier.

Ce jour-là, les travailleurs las d’attendre, ont bloqué le chantier ainsi que le personnel de la direction du chantier. Ils ont demandé à ces derniers d’appeler la grande direction au Plateau afin que la paie se fasse immédiatement. Ces petits commis ont commencé par amadouer les travailleurs, mais quand ils ont vu la colère et la détermination de ces derniers, ils ont vite fait d’appeler la direction. Les travailleurs ont eu leur salaire le même jour. C’est à la suite de ce mouvement qui s’est bien déroulé et qui a tant soit peu effrayé la direction, que les travailleurs ont trouvé la nécessité de s’organiser. Ils ont compris que, unis et mobilisés, ils sont une force qui fait changer les choses en leur faveur. Le lendemain du débrayage, a vu le jour une organisation faite de représentants des différentes corporations : manœuvre, maçon, ferrailleur, menuisier et même les tapeurs de briques.


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