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IDRRISS DEBY EN BISBILLE AVEC LA SOCIÉTE DE NÉGOCE GLENCORE

TCHAD

Depuis le début de l’exploitation du pétrole de Doba dans le sud du pays en 2004, Idriss Deby a choisi le groupe anglo-suisse Glencore, leader mondial de la commercialisation des matières premières, pour vendre le brut sur le marché international.

Lorsque l’entreprise américaine Chevron s’est brusquement retirée du consortium qui exploite le brut de Doba (ExxonMobil, Chevron et Petronas), c’est également à Glencore que Deby a fait appel pour racheter les actions de cette entreprise, pour le compte de l’État tchadien. Glencore a déboursé la somme de 1,3 milliard de dollars moyennant un intérêt de 6,7 % et remboursable en 4 ans. Comme garantie de cette transaction, Glencore pouvait compter sur la vente du pétrole tchadien. Deby s’attendait donc à ce que Glencore lui verse chaque année les dividendes issus des actions de Chevron qu’il a rachetées.

Mais trois ans après, Glencore n’a encore versé aucun sou dans les caisses de l’État, directement contrôlée par Deby lui-même. Ce dernier, en courroux est allé demander des explications à Glencore. Voici la réponse : « Depuis trois ans, Glencore n’a fait que payer les commissions, rembourser les intérêts et se faire payer (…) La part du Tchad de tous les champs est destinée uniquement à payer Glencore, les commissions des intermédiaires et les intérêts du prêt principal ».

Fâché, il veut résilier le contrat et demander à Glencore de revendre les actions de Chevron et de lui remettre l’argent de cette vente en mains propres. Glencore refuse mais lui propose de rééchelonner le remboursement de deux ans et de réduire le taux d’intérêt de l’emprunt de 4 %. Le dictateur Deby, devant la toute puissance de cette société anglo-suisse, a été obligé de plier genoux. Mais ce n’est pas Deby qui est à plaindre dans cette affaire, il s’est déjà rempli les poches avec l’argent du pétrole. Ce sont les populations tchadiennes qui risquent d’en faire les frais sous forme de privations supplémentaires de toutes sortes.

Il est de notoriété publique que Déby et son clan considèrent les caisses de l’État comme leur propriété. Selon un document qui circule sur le net intitulé « La république en danger », un membre de la famille de Deby aurait détenu chez lui, en 2015, plusieurs millions de dollars US en espèces. Arrêté et jeté en prison pendant quelques jours, il a été relaxé, et son argent lui aurait été restitué, parce que « rien ne prouve qu’il a volé ».

Le second exemple a été révélé par les « Panama papers » concernant l’argent détourné et transféré vers des comptes cachés dans les paradis fiscaux. On aurait découvert en 2016 « des centaines de milliards de francs CFA en provenance du Tchad. ». À qui appartient cette somme ?

Pour le moment les noms du ou des bénéficiaires n’ont pas été cités mais il ne faut pas être sorcier pour deviner qu’il s’agit de personnages haut placés de l’État tchadien.

Donc il y a de l’argent pour payer les fonctionnaires et les agents de l’État qui ne cessent de manifester pour des augmentations de salaires ; de même que pour payer les étudiants dont les bourses ont été arbitrairement supprimées.

Mais cet argent se trouve dans les poches et les coffres forts de Deby, de son clan et de ses proches. Il faut qu’ils le rendent !


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