UATCI

IBRAHIM BOUBACAR KEITA À PLAT VENTRE DEVANT LE MOUVEMENT FONDAMENTALISTE MUSULMAN

MALI

Le ministère de l’Éducation Nationale du Mali voulait introduire dans les écoles publiques quelques notions d’éducation sexuelle mais face au tollé des imams du Haut Conseil Islamique du Mali (le HCIM), le Premier ministre a fait marche-arrière et a retiré le projet sans même avoir livré une petite résistance devant les tenants de l’islam rigoriste.

Pour montrer sa force, l’imam Mahmoud Dicko, président du HCIM, a fait défiler ses fidèles à Bamako malgré l’annonce du retrait de ce projet par le gouvernement. Ainsi, ils étaient des milliers à converger vers le Palais de la Culture le dimanche 23 décembre dernier, sous le cri de « Allah Akbar... » alors que la manifestation avait été interdite. Ce fut une véritable démonstration de force devant laquelle le gouvernement malien a pitoyablement reculé.

Ce n’est pas la première fois que les imams du HCIM font reculer le pouvoir. Il faut rappeler la débandade de l’ancien président Amadou Toumani Touré (alias ATT) en 2009 devant les partisans de ce même Dicko lorsqu’il a voulu apporter un petit toilettage du Code de la famille. Celui en vigueur était particulièrement réactionnaire sur le statut de la femme malienne. ATT avait déjà fait voter le nouveau code par les députés, mais les imams ont crié à la trahison de l’Islam et ont mobilisé leurs fidèles. Le 22 août 2009, environ 50 ?000 personnes sont venues au stade de Bamako à l’appel du HCIM et ont écouté les prêches enflammées de Dicko contre le nouveau code trop « occidental » à son goût car il donnait quelques nouveaux droits aux femmes.

ATT n’a même pas essayé de défendre son texte. Il l’a fait modifier sur le champ par les mêmes députés qui venaient de l’adopter. Tous les paragraphes qui ne plaisaient pas aux imams ont été gommés. Quelques voix d’associations de défense des droits de la femme se sont élevées contre la pression des mouvements fondamentalistes mais ATT a fait le choix de les ignorer.

L’actuel président IBK se retrouve devant la même situation. Il a envie de se montrer comme un président « moderne » pour plaire notamment à ses protecteurs de Paris, mais il a en même temps besoin de l’appui des dignitaires religieux pour calmer la colère de la population contre son régime.

Jusqu’ici, tant que les intérêts généraux de l’impérialisme français ne sont pas remis en cause au Mali, il est assuré du soutien de Paris. Reste à savoir s’il continuera à avoir celui des dignitaires religieux les plus influents.


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