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GABEGIE POUR UNE MINORITÉ DE PARASITES ET SERRAGE DE CEINTURE POUR LA MAJORITÉ

MALI

Le gouvernement malien a, parait-il, décidé de faire des économies d’argent sur le « train de vie de l’État ». C’est en tout cas ce que le Premier ministre a annoncé récemment. Il a dit que dorénavant les dépenses (tels que les frais de carburant et les frais de bouche) des gouverneurs et de certaines administrations seront revues à la baisse ; que tout achat de véhicule devrait faire l’objet d’une demande auprès du ministre des Finances ; tout achat de billet d’avion pour effectuer des missions à l’étranger devra se faire auprès d’une agence agréée part l’État malien et que les dépenses de ces missions seront plus étroitement surveillées, etc.

Le but de tout cela serait selon le Premier ministre, de pouvoir « faire face aux importantes priorités du gouvernement en matière d’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens ». De qui se moque-t-il ?

Les enseignants des écoles publiques, les cheminots, le personnel hospitalier, les petits salariés de l’administration qui ont récemment exprimé leur colère en faisant la grève, ont vu comment l’État les a traités avec mépris alors qu’ils ne revendiquaient que le droit de pouvoir vivre décemment de leur travail. Comme on a pu le constater, « les priorités » du gouvernement ne sont nullement en direction de ces petits salariés de l’État mais plutôt de continuer à satisfaire l’appétit vorace de ceux qui se trouvent au sommet de la pyramide, à commencer par le président qui mène un train de vie de nabab.

On se souvient du caprice d’IBK qui en 2014, s’est offert un avion présidentiel tout neuf pour le prix de plusieurs dizaines de milliards de Francs Cfa alors que l’Etat malien en avait déjà un mais qui ne plaisait pas au nouveau locataire du palais de Koulouba. Il faut rappeler aussi que l’année suivante, ce même IBK a fait dépenser par l’Etat plus de six autres milliards pour la rénovation de son palais présidentiel alors qu’il avait déjà fait l’objet de travaux peu de temps auparavant. Idem pour la réhabilitation de la résidence des hôtes du président, évaluée quant à elle à près de 5,5 milliards de francs CFA.

Le budget présidentiel serait ainsi passé de 9,3 milliards de francs CFA en 2014 à 19,3 milliards en 2016, soit une augmentation de 10 milliards de francs CFA. Un journal de l’opposition a comparé le budget présidentiel de 2015 (qui avait déjà atteint les 14 milliards 600 millions de F CFA) à celui des dix principaux hôpitaux du Mali (Point G, Gabriel Touré, Hôpital du Mali, Kayes, Kati, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou et Gao) qui totalisent 14 milliards 400 millions de FCFA. Autant de gabegie pour le locataire de Koulouba alors que les hôpitaux sont dans un piteux état, il y a de quoi être écœuré !

Toujours selon ce même journal, rien que le budget de l’alimentation du palais de Koulouba a été multiplié par cinq en deux ans, passant de 61 millions en 2013 à 300 millions en 2015 alors que le budget de la « sécurité alimentaire » pour l’ensemble du pays était à peine de 500 millions de FCFA. C’est dire qu’à la présidence, on a un gros appétit et des goûts de luxe et que le confort du président et celui de ses hôtes comptent plus que la vie de la population !

Les dirigeants de l’opposition font croire qu’avec eux au pouvoir tout ira mieux pour la population, mais les travailleurs n’ont aucun intérêt à leur faire confiance. La plupart de ces « opposants » ont déjà « mangé » à un titre ou à un autre avec le pouvoir sous ce même IBK sinon avec ses prédécesseurs. Ils ne souhaitent que parvenir à la tête de l’État pour profiter à leur tour des caisses de l’Etat.


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