UATCI

UN SALAIRE D’OUVRIER NE VAUT RIEN AUJOURD’HUI !

LE QUOTIDIEN DES TRAVAILLEURS

Témoignage d’un ouvrier révolté par la situation dans laquelle le capitalisme maintient la classe ouvrière dans la misère

« Je suis ouvrier à Uniwax, une entreprise d’impression de tissu, située à la zone industrielle de Yopougon. C’est une entreprise qui a pignon sur rue. Je bénéficie d’un contrat d’embauche en CDI. Ce qui peut être considéré comme une chance parce dans cette zone industrielle, l’écrasante majorité des travailleurs sont des journaliers. Je touche autour de 100.000 F par mois. Ça sonne gros, mais c’est une somme complètement dérisoire vu mes charges et le coût de plus en plus élevé de la vie.

Je loue un deux- pièces individuel à Micao à 30.000 F. j’ai choisi d’habiter dans ce quartier parce qu’il est proche de la zone industrielle, donc j’économise en transport. Mais ce n’est pas le cas pour beaucoup de collègues qui sont obligés d’enlever de ce salaire leur transport journalier. Certains font beaucoup de km à pieds après une journée de dur labeur, tout simplement pour économiser quelques francs.

En plus de mon loyer, il y a l’eau et l’électricité à payer. Je dois acheter un sac de riz. Le sac de 25 kg, même pour les basses qualités « déni kassia » coute 8.000 F. Je préfère toujours avoir du riz à la maison. Parce qu’en cas de coup dur, quand la galère te frappe et que tu n’as plus rien, on peut toujours faire du « baka » pour nourrir la famille. Je donne 30.000F pour la popote ce qui fait 1000 F par jour. Je suis au régime poisson fumé tous les jours. Pour manger de la viande, il faut attendre les jours de fête.

Mes enfants vont à l’école. L’unique école publique du quartier est très chargée, et j’habite très loin de là. Je suis donc obligé de les mettre dans une école privée. Chaque mois, il faut payer les mensualités de la scolarité. Chaque matin, il faut donner le déjeuner aux enfants.

Même en me serrant la ceinture à presque me couper les hanches, le salaire ne suffit pas à couvrir les besoins élémentaires. Très souvent je suis obligé de prendre une avance sur salaire pour terminer le mois. Mais l’inconvénient de ça, c’est que ça reporte les problèmes sur le mois suivant, parce que le patron ne se fera pas prier pour te couper. Quand tu imagines qu’il y a pas mal de travailleurs qui touchent en dessous de 100.000, c’est là où tu te rends compte l’état de pauvreté dans lequel le patronat nous maintient.

Nous tous, on sait que tôt ou tard il va falloir une grande lutte des travailleurs pour exiger du patronat des augmentations substantielles de nos salaires ».


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