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LA PLUIE ET LE MAUVAIS ÉTAT DES INFRASTRUCTURES FONT DES MORTS

MADACASCAR

Des pluies torrentielles se sont déversées ces derniers jours sur Antananarivo faisant 4 morts et plu-sieurs centaines de sans abris en errance vers les services municipaux ou vers des connaissances suscep-tibles de les héberger provisoirement. Les structures municipales telles que les gymnases ont accueilli quelques familles en catastrophe. Ces familles ont été soutenues par des personnes bénévoles apparte-nant à diverses associations d’entraide.
Cette situation n’est pas nouvelle et la saison des pluies et des cyclones est loin d’être terminée. Chaque année des catastrophes semblables se produisent sans que des solutions pérennes ne soient prises par les autorités. Les canalisations d’écoulement des eaux datant de l’époque coloniale sont vé-tustes et hors service. De temps en temps les autorités procèdent à l’enlèvement des sacs et autres bou-teilles plastiques qui empêchent l’évacuation des eaux, mais ne se préoccupent pas réellement de la ré-novation du système.
Le programme du nouveau maire Naina Andriantsitohaina, lié au nouveau président, reste dans la con-tinuité de celui de l’équipe sortante dirigée par la femme de Ravalomanana, un président déchu. Ses priorités développées lors de sa campagne électorale, sont avant tout la mise en place des « velirano » c’est-à-dire des villes nouvelles autour de la capitale. Cela consiste à chasser les gens pauvres qui vivent dans ces quartiers périphériques, à raser ces lieux jugés insalubres et à y faire pousser des immeubles de rentes forcément inaccessibles aux maigres revenus des anciens habitants. Une couche de petits bour-geois plus ou moins aisés prendront place dans ces lieux nouveaux et salubres.

Les pouvoirs publics ont réussi à spolier de leurs terres les habitants d’Ando-hatapenaka, une localité proche de la capitale. Forts de leur « succès » ils ont voulu se lancer dans la construction d’une ville nouvelle baptisée Tana-Masoandro mais se sont heurtés à la combativité des villageois d’Ambohitramanjaka qui sont sortis dans la rue le 19 octobre dernier et ont opposé une résistance im-portante aux forces de l’ordre venues éparpiller les manifestants.

Lorsque les autorités prétendent rénover ou reconstruire, elles ne le font pas dans le sens des intérêts et des besoins de la population pauvre mais dans ceux des riches et des privilégiés


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