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SIVOP : IL N’Y A PAS PLUS AVEUGLE QUE CELUI QUI REFUSE DE VOIR

LE QUOTIDIEN DES TRAVAILLEURS

Le ministre du Commerce a fait récemment une visite à Sivop, une entreprise de produits cosmétiques située dans la zone industrielle de Yopougon. Cette entreprise est en pointe dans la fabrication des gels hydro-alcooliques, produit très demandé en cette période de lutte contre la propagation du corona virus. C’est sans doute ce qui justifie la visite de ce ministre. Pour la circonstance, la télévision nationale était présente et a montré des ouvriers à la tâche à l’intérieur de l’usine. Devant les caméras, ce ministre a dit être satisfait des conditions de travail et du respect des mesures barrière, etc.

Il n’y a pas de quoi être étonné d’entendre ce genre de paroles dans la bouche d’un serviteur du patronat. Les gens de son espèce feignent de ne pas voir les piteuses conditions de travail de la classe ouvrière.

Sivop est une entreprise dont la majorité des travailleurs sont des journaliers. Pour ces travailleurs, il n’y a ni tenue de travail en bonne et due forme, ni chaussures de sécurité, ni déclaration à la CNPS, ni même un simple bulletin de paie. Dans ces conditions, être satisfait des conditions de travail relève d’un véritable cynisme.

Il aurait suffi de jeter un coup d’œil aux vestiaires par exemple pour se rendre compte que rien n’est fait pour respecter le mètre de distance minimum entre les gens. Les toilettes ne sont pas nettoyées comme il se doit et constituent un véritable nid d’infection pour toutes sortes de maladies. Et les transports en commun que la plupart des travailleurs empruntent pour se rendre au boulot, respectent-ils les mesures barrières ? Et les apatams dans lesquels les travailleurs vont se restaurer, car il n’y a pas de cantines dans les usines ? Les travailleurs risquent leur santé et leur vie chaque jour pour suer du profit pour le patronat.

Les cache-nez qu’on a vus sur le visage des travailleurs ont été distribués pour la circonstance. C’est le plus souvent à la veille des visites officielles que ces patrons donnent le minimum pour que les travailleurs soient un peu présentables. Certains ont été confinés dans un coin pour qu’on ne les voie pas, d’autres ont été priés de rester chez eux ; l’usine est nettoyée, etc. Après ce cinéma, tout reprend comme avant.

Il y a un dicton qui dit que l’étranger a de grands yeux mais ne voit rien. Mais dans le cas présent, on a affaire à un étranger qui ne veut manifestement rien voir.


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