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ÉDITORIAL

LUTTE CONTRE LE COVID 19 : DES MESURES SURTOUT CONTRE LES CLASSES POPULAIRES !

Devant la menace de la contagion par le Coronavirus, le Président Ouattara a déclaré que « tous les ivoiriens sont égaux en soin et en santé » et qu’il y a une « union nationale ». Et à son 1er Ministre Gon Coulibaly d’ajouter : « nous tenons le bon bout, avec des plans cohérents et une détermination à toute épreuve ». Ah, les belles paroles !

Il n’y a pas d’égalité en « soin et en santé » qui tienne ! Les pauvres meurent par dizaines de milliers tous les ans, à cause d’un simple paludisme et d’autres maladies bénignes alors qu’ils pourraient être sauvés à peu de frais ! De nombreux travailleurs sont obligés de continuer à se rendre au travail pour ne pas perdre leur salaire alors qu’ils sont malades à en crever ! Un gouvernement qui tolère cela est complice d’un système criminel !

Le pouvoir dans ce pays est entièrement au service de la classe capitaliste et cela ne date pas d’aujourd’hui. Derrière sa façade de « gouvernement au service de la nation », sa principale fonction consiste à permettre aux capitalistes de piller et d’exploiter les travailleurs et les petits paysans jusqu’à l’extrême limite physique. Ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui sont trop occupés à engraisser les riches et à s’engraisser eux-mêmes pour avoir des états d’âme sur les conditions d’existence des travailleurs et de leurs familles. Les profits capitalistes passent avant tout !

Et tant que ce sera ainsi, les travailleurs et les pauvres seront toujours les laissés-pour- compte pendant que les politiciens qui se succèdent au pouvoir continueront de nous servir de beaux discours pour masquer cette réalité-là !

Du président aux ministres en passant par les députés et autres personnes du même monde des nantis, on les a vus défiler dans les quartiers, accompagnés par leurs épouses ou leur époux, pour faire soi-disant des « dons » de riz, d’huile ou autres à grands coups de publicité. D’où sortent-ils donc autant de millions ? Si les moyens utilisés proviennent des caisses de l’État, alors ce ne sont pas des « dons », puisqu’ils sortent de nos propres poches !

Comme les temps sont à la bonne générosité de ces messieurs, on voit même des dirigeants du groupe Bouygues, avec sa filiale de construction Sétao, défiler eux aussi à la télévision, pour annoncer qu’ils offrent 600 000 malheureux masques ! Il en va pareillement du côté de Total, Cie-Sodéci, Gandour, Sivop, Setaci et consorts, qui font ainsi de la publicité à bon compte, en faisant don de quelques broutilles pendant qu’ils surexploitent des travailleurs dont la plupart sont souvent des journaliers mal payés et corvéables à merci ! Au bout de quelques mois d’exploitation, ils sont jetés dehors comme des citrons pressés et remplacés ensuite par d’autres. Cela ne les empêche pas de bénéficier de la manne de l’État.

Pour faire face au Covid-19, l’État a dit qu’il mettra 1700 milliards sur la table, dont 530 milliards décaissés par le FMI. Un fonds de 250 milliards ira directement dans les caisses de grandes entreprises et de PME. Ce qui a fait évidemment dire au président du patronat : « nous sommes très heureux et fiers de l’attention que le gouvernement accorde au secteur privé en cette période de difficile crise sanitaire ». Eh oui, même en « période difficile », il y a toujours à boire et à manger pour tous ceux-là !

Aujourd’hui, par exemple, la construction de structures destinées à faire des centres de dépistage ou d’accueil de malades de covid 19, est du pain béni pour les entreprises comme Pfo, Sétao. Elles ont trouvé là une opportunité pour améliorer leurs profits au détriment des travailleurs qu’elles exploitent jours et nuits ! Il en va de même pour les Gandour et autres Sivop qui produisent du gel hydroalcoolique ou du savon liquide en surexploitant les travailleurs. Il y a aussi les entreprises de négoce, proches du pouvoir en place, qui fourniront les masques, les seaux, les lits et les tables pour équiper toutes ces structures. Elles s’en mettront toutes plein les coffres !

Mais qui remboursera ensuite tous ces milliards dilapidés au profit des capitalistes de grandes entreprises ? Eh bien, ce sera encore aux travailleurs que les gouvernements qui se succèderont au pouvoir adresseront demain la note. Cela s’appellera « plan d’ajustement structurel », à la sauce Ouattara, ou une autre sauce toute aussi salée pour les travailleurs et les populations pauvres, comme nous l’avaient déjà servie dans le passé les Bédié, les Gbagbo et autres Affi N’Guessan, quand ils étaient au pouvoir.

À Darling, une entreprise de fabrication de mèches de cheveux, certains travailleurs se sont retrouvés au chômage durant une vingtaine de jours sans aucune indemnité parce que les tresses de cheveux ne se vendent plus. D’autres sont toujours au chômage. Alors, où est donc passé cette fameuse « solidarité nationale » ?

Demain, ce sont d’autres travailleurs qui risquent, comme ceux de Darling, d’être jetés dehors comme des malpropres et sans aucune indemnité, quand ces capitalistes estimeront que leurs affaires ne marchent plus, à cause ou pas des conséquences du Covid-19.

Aux travailleurs d’être sur leur garde ! Ce n’est pas à eux de faire les frais, quelles que soient les raisons avancées ! C’est aux capitalistes de payer la note avec les bénéfices qu’ils ont accumulés durant les années antérieures ! Mais une telle mesure, les travailleurs ne peuvent pas l’attendre d’un quelconque gouvernement car il est là pour servir la soupe aux riches !

Le Covid-19 ne vient que mettre plus à nue cette société capitaliste où les travailleurs et les pauvres sont des laissés-pour-compte. Ils n’ont pas d’autre alternative que de s’organiser pour le renversement de cet ordre social et son remplacement par une société débarrassée de l’exploitation capitaliste.


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