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LES CONSÉQUENCES DRAMATIQUES DU COUVRE FEU ET DE L’ÉTAT D’URGENCE SUR LES PETITES GENS

SÉNÉGAL

Depuis le 23 mars, la population sénégalaise est contrainte de vivre sous le couvre feu et l’état d’urgence. Cela a impacté durement la vie économique et sociale du pays mais ceux qui en souffrent le plus ce sont surtout les gens vivant de petits métiers qui leurs permettaient jusque-là à peine de survivre au jour le jour. Du jour au lendemain, ils se sont retrouvés sans aucun revenu ; les marchés sont restés fermés durant plusieurs semaines, les transports en commun ont été considérablement restreints ; la misère s’est aggravée. Aux problèmes liés à la cherté de la vie, aux coupures d’eau et d’électricité dans les quartiers populaires se sont ajoutés ceux liés à la crise sanitaire.

Le secteur de la pêche qui est à 80% artisanale et fournit environ 600 000 emplois directs et indirects, est un des plus touché par la crise du Corona virus. Habituellement les pêcheurs vendent une partie de leurs poissons aux exportateurs et l’autre partie au marché local sur place ou à l’intérieur du pays. Mais à cause des mesures de restrictions, l’exportation a été bloquée tandis que la vente localement a été rendue impossible à cause de la fermeture des marchés locaux. Quant aux employés des entreprises de pêche et des sociétés d’exportation de poissons, ils ont été renvoyés en attendant la réouverture des activités.

L’autre important secteur sinistré est celui du tourisme. Les hôtels et les restaurants n’ayant plus de clients, ont fermé leurs portes. Les employés ont été mis au chômage sans aucune indemnité. Les artisans et les petits commerçants qui vivaient du tourisme se sont retrouvés du jour au lendemain sans revenu.

Des centaines de milliers de familles ont perdu ainsi le peu qui leur permettait de joindre les deux bouts. Certes, le couvre-feu et les mesures restrictives d’ouverture des marchés ont été quelque peu assouplis depuis le 12 mai, mais l’activité économique n’a pas redémarré pour autant. La grande majorité de ceux qui ont perdu leur gagne-pain attendent toujours les aides promises par le gouvernement depuis le mois d’avril.

Le président Macky Sall a fait tout un battage médiatique autour de cette soi-disant aide aux déshérités. Le 11 avril il annonçait que l’État allait distribuer 100 000 tonnes de vivres à un million de ménages, soit huit millions de personnes. Il a fait venir des caméras pour filmer la distribution de ces dons lors du lancement de l’opération et puis c’était fini. De nombreuses familles sinistrées attendent toujours ces fameuses aides. La presse locale a fait état de magouilles autour de cette opération qui a enrichi des hommes d’affaires proches du pouvoir et à qui Macky Sall a donné des contrats pour acheter et acheminer ces dons.

Les ministres et leurs griots des médias d’État passent leur temps à marteler l’idée que tout le monde est dans le même bateau et que le gouvernement veillera aux intérêts de tous. Ce qu’ils se gardent bien de dire c’est qu’il y a une petite minorité de privilégiés et de fortunés qui occupe la première classe et qui ne manque de rien, tandis que la grande majorité est à fond de cale et souffre de tous les maux de la société.


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