UATCI

LE CAPITALISME DANS TOUTE SON HORREUR

MADAGASCAR

La famine sévit dans le sud de Madagascar. Les images diffusées à la télévision sont terribles. Elles nous montrent des hommes, des femmes et des enfants amaigris par une famine qui les ronge depuis des mois, abandonnés à leur sort par les autorités malgaches.

La sécheresse qui dure depuis plusieurs années dans cette région a certes contribué à une baisse dramatique de la production agricole, mais elle n’est pas seule responsable de cette famine et des morts qui affectent en premier lieu les plus faibles, les enfants et les personnes âgées.

Madagascar est dirigé par des hommes d’affaires qui ont fait fortune en pillant les caisses de l’État, en exploitant des travailleurs payés avec des salaires de misère. Ces hommes d’affaires ne sont gouvernés que par une obsession : l’appât du gain. Toute l’économie malgache est dirigée et orientée vers le développement du profit et une sur-rémunération du capital. Les investissements utiles et indispensables à la population ne figurent que dans les discours électoraux des différents candidats à la présidence de la république, sans qu’aucune de ces promesses ne voient le début d’une réalisation. Les logements manquent ou sont tellement rudimentaires qu’ils sont emportés au moindre cyclone, la majorité des Malgaches ne disposent pas de l’électricité et quand ils l’ont, elle est coupée la moitié du temps faute de stock de fuel dans les centrales ! Seuls les riches s’en sortent en imposant des salaires de misère dans les entreprises et sur les propriétés agricoles et grâce à la corruption généralisée qui gangrène tout le pays. La souffrance des plus démunis n’empêche pas ces vautours de vivre dans un luxe insolent comme n’importe quel capitaliste des pays riches.

Face à l’urgence d’agir pour sauver la vie des 500 000 Malgaches du sud de l’île menacés de mourir de faim, Rajoelina, le président de la république n’a rien trouvé de mieux que venir se faire filmer dans la région pour y faire la promesse de « trouver une solution concrète et rapide en faisant installer des centres d’approvisionnement alimentaire à Amboasary Atsimo, Ambovombe, Beloha Androy et Tsihombe ». Pour vaincre la famine dans le Sud, il a aussi déclaré « compter sur des projets d’adduction d’eau pour approvisionner les communes et les villages touchés par la sécheresse ».

En fait, il ne fait que montrer l’impuissance totale de la bourgeoisie malgache à prévenir ce genre de catastrophe humaine. Mais la sécheresse et la minorité de parvenus malgaches ne sont pas les seuls responsables de la situation. Les capitalistes du monde entier profitent aussi de la situation, notamment en obligeant le gouvernement malgache à leur donner accès, quasiment sans retour pour le pays, à ses richesses naturelles (minières et agricoles) et en lui imposant des intérêts exorbitants pour les prêts bancaires dont il a besoin pour faire fonctionner l’économie du pays.

Pour sortir définitivement de cette situation, la classe ouvrière malgache, des villes et des champs, devra mettre fin à cette société capitaliste absurde, incapable d’assurer ne serait-ce que la sécurité alimentaire de la population dans un pays qui possède autant de richesses naturelles.

La dette de l’État malgache doit être effacée. Mais le pays ne pourra se relever tant qu’il sera dirigé par cette classe capitaliste exploiteuse, avide et obsédée par le pillage des richesses du pays.


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