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TAXATION DES LIVRAISONS À DOMICILE, UNE ATTAQUE DE PLUS CONTRE LES PETITES GENS

CÔTE D’IVOIRE

Le gouvernement, par l’intermédiaire de l’ARTCI (Autorité de Régulation des Télécommunications) a décidé récemment que désormais chaque entreprise ou structure dédiée au métier de livraison à domicile devra au préalable s’acquitter d’une taxe et d’une autorisation d’exercer d’un montant de 5 000 000 FCFA valable pour une période de 10 ans. Ces entreprises doivent en plus ouvrir un dossier à l’ARTCI d’un montant de 400 000 FCFA. Des sanctions sont prévues pour tous ceux qui ne seront pas en conformité avec cette nouvelle obligation : une peine allant de 5 mois à 5 ans de prison ainsi qu’une amende de 300 000 FCFA à 3 000 000 FCFA. Cette décision a suscité, à juste raison, beaucoup de grogne et de mécontentement dans la population ainsi que sur les réseaux sociaux car le gouvernement s’en prend ainsi directement aux nombreux jeunes qui, pour échapper au chômage, se sont lancés dans cette activité moyennant l’achat d’une moto.

Depuis quelques années, l’activité de livraison de marchandises à domicile s’est beaucoup développée. Il suffit d’être sur les routes de la ville d’Abidjan pour s’en rendre compte. Un nombre impressionnant de jeunes à moto avec de gros sacs sur le dos se faufilent entre les voitures pour livrer des marchandises diverses. Ces livreurs sont payés à la tâche, donc, pour gagner un peu plus il faut faire le maximum de courses. Ce qui fait que les accidents sont nombreux et parfois très graves. Pendant la saison de pluies de l’année dernière, certains livreurs avaient même été emportés par les eaux de ruissellement. Il y a aussi les risques d’agression. Il ne se passe pas un jour sans que des agressions de livreurs ne soient signalées. Quand c’est le cas, c’est la moto et la marchandise qui sont volées lorsque ce n’est pas le livreur lui-même qui se fait poignarder ou taillader à la machette.

Si le gouvernement parvient à imposer cette mesure de taxation forte, cela signifiera la mise au chômage immédiate de la plupart de ces jeunes. Ou alors ils devront se faire embaucher par quelques gros bonnets capables de débourser les 5.400.000 francs pour ouvrir une entreprise de livraison.

Derrière la prétendue volonté du gouvernement de vouloir réglementer ce métier en pleine expansion il y a surtout sa volonté d’élargir « l’assiette fiscale », c’est-à-dire d’encaisser le maximum d’impôts sur le dos des petites gens. La protection de la santé et de l’intégrité physique des livreurs n’a jamais fait partie de ses préoccupations.

Et dire que ces messieurs au gouvernement passent le clair de leur temps à nous chanter que l’emploi des jeunes est l’une de leurs plus grandes priorités. La réalité est là pour les faire mentir.


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