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INCONCEVABLE MAIS VRAI !

LEUR SOCIÉTÉ

Chaque jour, dans les journaux ou sur internet, les gens dénoncent l’incurie dans les hôpitaux publics. Si ce ne sont pas les médicaments, c’est le personnel qui manque ou le matériel qui est défaillant. Ce qui fait qu’une partie de la population a tendance à se rendre dans les cliniques, infirmeries ou de maternités privées des quartiers. Mais dans ces lieux, la situation est loin d’être ce que certains pourraient croire.

Voici un témoignage qui donne un éclairage sur ce qui s’y passe. Il s’agit de quelqu’un qui y travaille :

« J’exerce quelque part à Abidjan dans une sorte de maternité privée. Pour accumuler sa fortune, la patronne veut des travailleuses multi tâches. Nous faisons aussi bien le ménage, les soins infirmiers, que le rôle de sage-femme, de caissière, de pharmacienne ou de cuisinière. Nous sommes plus que des machines.

Pour la plupart des soins que nous faisons, nous n’avons pas de gants car la patronne trouve que c’est trop coûteux. On ne se croirait pas dans un centre de soin ! Le risque que nous courrons d’être contaminés par des maladies dangereuses ou la mise en danger de la vie des malades, ce ne sont ne sont pas ses problèmes On ne soigne pourtant pas les gens pour se rendre malade ou pour tomber soi-même malade ! En plus de cela, nous ne sommes pas payés correctement.

L’autre jour, j’ai refusé d’injecter un médicament périmé à un patient. La patronne a fait tout un tapage pour ça. Pour elle, tant que les flacons achetés ne sont pas terminés, on doit les utiliser, peu lui importe s’ils sont périmés depuis un an. Ce que cela fait sur les patients, ce n’est pas son problème. Quant aux prix des médicaments dans cette petite clinique, ils sont 5 à 10 fois plus chers que dans les pharmacies ».

Ce témoignage fait froid dans le dos. Malheureusement, c’est sûr qu’on pourrait retrouver des histoires pareilles dans d’autres cliniques, infirmeries et salles de soins qui sont dans les quartiers. Pourtant ces dernières prospèrent car elles sont là pour suppléer à la défaillance de l’État. Celui-ci ne fait les contrôles nécessaires pour savoir si un minimum d’hygiène y est respecté et de s’assurer de la qualification de ceux qui y exercent, etc. Ce sont les pauvres qui viennent s’y soigner. Leur sort n’intéresse personne.

Dans la société capitaliste, même dans les endroits où il est question de la vie des gens, c’est la course aux profits qui prime sur tout le reste !


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