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FLAMBÉE DES PRIX ET INONDATIONS METTENT LES NERFS À RUDE ÉPREUVE DANS LES QUARTIERS POPULAIRES

SÉNÉGAL

L’actuelle flambée de prix des produits de base comme l’huile, le sucre, le lait en poudre, le riz, la viande, la bouteille de gaz, entre autres, a brutalement aggravé les conditions d’existence des habitants des quartiers populaires. Les gens n’en peuvent plus de se serrer la ceinture, les maigres salaires de ceux qui ont la « chance » d’en avoir un sont loin d’être suffisants pour faire vivre toute une famille. De plus en plus de gens dénoncent l’incapacité du gouvernement à juguler cette flambée qui pousse l’ensemble des prix à la hausse, comme c’est déjà le cas pour les loyers. Ministres et porte-paroles du gouvernement répètent à longueur de journée que si les prix augmentent c’est à cause du corona virus qui impacte le prix du transport des marchandises importées et qu’il faut par conséquent « consommer local ». Cela n’explique pas pourquoi les prix du sucre et de l’huile qui sont produits au Sénégal s’envolent aussi !

Le mécontentement ne s’exprime pas pour le moment dans les rues mais sur les réseaux sociaux où certaines associations de défense de consommateurs dénoncent la cherté de la vie et appellent les habitants à manifester. Les gens relayent volontiers ces messages en les partageant avec leurs familles et amis.

À cette colère contre la cherté de la vie s’est ajoutée celle contre l’incapacité des autorités publiques à faire face, une fois de plus, aux dégâts causés par les eaux de pluie. De nombreux quartiers populaires se trouvent en ce moment sous les eaux de ruissellement qui se mélangent parfois avec les eaux des fosses septiques, mettant en danger la santé des habitants. Chaque année c’est la même situation qui se répète et chaque année les autorités promettent de construire des canaux d’évacuation pour que de telles catastrophes ne se reproduisent plus. Excédés par l’inaction des autorités, certains habitants sont sortis dans la rue et ont bloqué la circulation des véhicules. Cela a été le cas à Rufisque et à Cambéréne, banlieues proches de Dakar. Des habitants de certains quartiers de Dakar envisagent aussi de manifester pour forcer le gouvernement et la municipalité à agir.

Face à la montée de colère dans les quartiers populaires, le gouvernement fait mine d’agir en occupant les médias et en promettant une fois de plus des « actions concrètes ». Sa crainte d’une explosion de colère est d’autant plus grande qu’il n’a pas oublié les grandes émeutes du mois de mars dernier qui ont fait trembler le pouvoir de Macky Sall. La goutte d’eau qui avait fait déborder le vase c’était l’arrestation d’un dirigeant de l’opposition, mais c’est surtout la misère, le chômage et le sentiment d’un avenir bouché qui avaient poussé la grande majorité des jeunes à sortir massivement dans la rue. Ils ont affronté les forces de l’ordre plusieurs jours durant et il y a eu officiellement 13 morts et plusieurs dizaines de blessés parmi les manifestants. De nombreux supermarchés ont été dévalisés. Le calme est certes revenu mais les raisons profondes de la colère n’ont pas disparu. Bien au contraire, la flambée actuelle des prix pourrait remettre de l’huile sur le feu.

Genre de message contre la flambée des prix, qui circule dans les réseaux sociaux au Sénégal. Dund bi jaffena (signifie « la vie est chère »), sonounaniou (« nous sommes fatigués »), meunatouniou (« on n’en peut plus »).


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