UATCI

LA RÉUSSITE DE DEUX JEUNES AU MILIEU D’UN OCÉAN DE MISÈRE

MADAGASCAR

Pendant que les écoles publiques et les universités du pays sont laissées dans une situation catastrophique par les autorités, ces dernières ainsi que certains journalistes font croire aux étudiants, que ceux-ci peuvent s’en sortir en devenant patrons. Ils font beaucoup de publicité autour d’une infime minorité de jeunes qui auraient réussi selon eux à prendre « l’ascenseur social » que représenterait l’université. L’État malgache n’accorde pratiquement plus de bourse. L’ambassade de France en délivre quelques unes sur concours et au compte-gouttes, assorties d’un engagement à rentrer à Madagascar à la fin des études.

Chaque année un concours pour des jeunes entrepreneurs a lieu dans différents pays d’Afrique. Cette année 26 jeunes âgés de 18 à 22 ans ont été sélectionnés à travers tout le continent. Deux jeunes malgaches ont réussi le concours et c’est tant mieux pour eux.

Mais si l’on regarde de plus près on s’aperçoit que l’entreprise de l’un d’entre eux, « Coufé », est une marque de mode spécialisée dans les T-shirt brodés et personnalisables. Selon certains journaux, ce jeune fait fabriquer ces vêtements à la main par des femmes détenues en prison. Cela en dit long sur la façon avec laquelle il a « réussi ».

L’autre jeune est une fille. Elle est fondatrice de « Dream Study », une agence d’aide aux étudiants pour leur inscription dans des universités à l’étranger. Les parents des étudiants doivent verser de fortes sommes d’argent pour pouvoir inscrire leur enfant par exemple en France dans l’espoir que celui-ci puisse accomplir toutes les formalités auprès des autorités malgaches ainsi que celles du pays d’accueil. En réalité les obstacles sont très nombreux et difficiles à franchir dans nos pays. À Madagascar l’appareil d’État est gangréné par la corruption. Pour le moindre formulaire il faut débourser des sommes d’argent. Une fois tous les papiers réunis et toutes les tracasseries administratives surmontées, il faudra pouvoir être reçu par les services consulaires du pays d’accueil, ce qui est encore un autre parcours du combattant. Si les parents vivent en brousse et sont des éleveurs, il faudra qu’ils se séparent de plusieurs têtes de bétail pour payer les frais occasionnés par toutes ces démarches. Au bout du compte seule une infime minorité de jeunes parvient à faire des études hors du pays.

Des universités de France, telle que Paris 8 par exemple, mettent à la disposition des étudiants, certains prospectus laissant espérer la somme de 2000 euros à ceux qui auraient « un projet entrepreneurial à forte utilité sociale ». Au final quelques jeunes triés sur le volet, réussiront peut-être à toucher cette somme. Mais cela s’apparente fort à un miroir aux alouettes destiné à créer des illusions.

Les services publics utiles à la population, tels que les écoles, les universités, les hôpitaux, disposent de subventions tellement dérisoires qu’on peut dire qu’ils sont laissés à l’abandon. Pour qu’il n’en soit pas ainsi, il faudrait que les jeunes qui ont la chance de pouvoir acquérir le savoir, se servent de leur intellect, non pas pour chercher à devenir capitalistes, mais plutôt pour combattre les capitalistes et leur système. Pour cela, ils ont toute leur place aux cotés des communistes que nous sommes.


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