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SECTEUR BANCAIRE : LA GRÈVE CONTINUE

MALI

Le 27 octobre dernier, les employés de banque ont observé une grève de 72 heures pour obtenir des augmentations de salaires, l’embauche des intérimaires et des prestataires, la réintégration de leurs camarades licenciés, entre autres. Les patrons de ces banques se sont concertés et ont refusé de céder aux revendications. Ils croyaient que les grévistes allaient reprendre le travail. Malheureusement pour eux, le mouvement a été reconduit pour 72 heures de plus et les travailleurs ont été encore plus déterminés, ils ont renforcé les piquets de grève devant les portes d’entrées des établissements.

Au bout de 6 jours, ils ont suspendu leur mouvement pour permettre aux clients des banques, notamment aux salariés, d’encaisser leurs salaires, tout en avertissant leurs directions qu’ils allaient reprendre la grève si leurs revendications n’étaient pas satisfaites.

Le 23 novembre, n’ayant pas obtenu satisfaction malgré les rencontres avec les autorités politiques qui ont tenté de défendre la cause des banquiers, les travailleurs ont déclenché une nouvelle grève de 72 heures reconductible. Dès le premier jour, 13 banques sur les 14 que compte le pays, ont été touchées. Seuls les distributeurs automatiques de billets ont fonctionné. Les employés sont restés soudés malgré les pressions venant des dirigeants de leurs établissements et du gouvernement.

Certains médias se sont faits les avocats des banquiers en accusant les grévistes de prendre en otage la clientèle des banques et en demandant au gouvernement de mettre fin à cette situation de blocage. Mais les grévistes n’ont pas été intimidés par cette manœuvre, ils ont répondu que s’il y a blocage, la responsabilité est à chercher du côté des employeurs et des autorités politiques de tutelle.

La crainte du gouvernement malien est que ce mouvement de grève s’étende à d’autres secteurs, dans le public comme dans le privé, car les employés de la banque sont loin d’être les seuls à souffrir des bas salaires, du travail précaire et du mépris patronal. Leur, grève pourrait en effet servir d’exemple à d’autres et donner du fil à retordre au pouvoir et aux grands patrons du pays.


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