UATCI

TROUPES FRANÇAISES HORS D’AFRIQUE !

AFRIQUE

Au Mali au Burkina Faso et au Niger, les trois pays sahéliens que l’impérialisme français prétend protéger contre les groupes terroristes, le nombre de personnes manifestant leur hostilité à la présence des troupes françaises augmente de jour en jour. Un convoi d’une centaine de camions de l’armée française parti de Côte d’Ivoire à destination de Gao, au Mali, en traversant le Burkina Faso et le Niger, en a fait les frais. Il a été bloqué plus d’une semaine au Burkina Faso par des manifestants qui lui ont barré la route à Bobo Dioulasso, puis dans la capitale Ouagadou et surtout à Kaya où il a été immobilisé durant plusieurs jours. Il y a eu des affrontements violents entre les manifestants et les forces de l’ordre burkinabè venues au secours de la centaine de soldats de la force Barkhane accompagnant le convoi. Ces affrontements se sont soldés par plusieurs blessés graves parmi les manifestants et probablement des morts mais dont le nombre est volontairement caché par le gouvernement burkinabè qui craint d’être emporté par une contestation populaire de plus en plus forte. Celle-ci a commencé depuis plusieurs semaines et se renforce chaque jour à cause de l’incapacité du régime de l’État Burkinabè à faire face aux groupes armés terroristes qui au cours des six dernières années ont fait plus de 2 000 morts et 1,4 million de déplacés.

À peine entré au Niger, le convoi a été accueilli par de nouveaux manifestants et de nouveaux barrages. Dans la ville de Téra, les affrontements ont fait officiellement 3 morts et au moins 18 blessés dont 4 graves. Le régime du président nigérien Mohamed Bazoum s’attend à d’autres manifestations contre les troupes françaises et en même temps contre son régime à la solde de l’ancienne puissance coloniale. L’armée et la police ont été mobilisées pour réprimer violement la contestation mais celle-ci ne semble pas faiblir.

Au Burkina Faso, les manifestations de rue ont continuées, y compris après le passage du convoi. Les manifestants, à Ouagadougou mais aussi dans les villes de l’intérieur, continuent de réclamer le départ des troupes françaises mais aussi du président actuel Roch Marc Christian Kaboré. Celui-ci a fait couper le réseau internet, croyant que cela mettrait fin à la mobilisation mais cette décision n’a fait qu’augmenter la colère contre son régime.

Au Mali aussi le sentiment d’hostilité à l’égard des troupes françaises progresse. De nombreuses manifestations regroupant plusieurs milliers de personnes ont eu lieu ces dernières semaines à Bamako. Comme au Burkina Faso et au Niger, les manifestants crient : « Armée française dégage ! », « Libérez le Sahel ! ».

Oui, l’armée française doit quitter le sahel mais aussi les autres pays du continent africain où elle a ses bases permanentes, car contrairement à ce que prétendent les dirigeants qui se succèdent à la tête de l’État français, ces forces ne sont pas là pour protéger les populations africaines du terrorisme ou contre on ne sait quelle invasion, mais surtout pour protéger les intérêts de la bourgeoisie française dans ses anciennes colonies. Cette présence militaire française sert aussi à protéger les régimes dictatoriaux africains qui acceptent de jouer le rôle de garde-chiourmes de l’impérialisme français dans leur pays, à les aider à écraser les révoltes qui mettraient en cause l’ordre établi.


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