UATCI

VAGUE D’INDIGNATION APRÈS UNE MORT TRAGIQUE DANS UN HÔPITAL PUBLIC

SÉNÉGAL

Le décès d’une jeune femme, Astou Sokhna, enceinte de 9 mois, le 7 avril dernier, à l’hôpital public de Louga (environ 200 km de Dakar) a provoqué une profonde indignation dans tout le pays. C’est surtout les conditions dans lesquelles ce décès a eu lieu qui ont le plus indigné les gens. Astou Sokna était venue à cet hôpital pour accoucher et se plaignait de forte douleur nécessitant une césarienne. Elle a attendu plus de 20 heures sans être secourue malgré des cris de douleur et des supplications incessantes. Elle a fini par mourir, son bébé a été sauvé de justesse.

Les médias ont largement diffusé l’information, une pétition a circulé sur les réseaux sociaux et plusieurs pour demander que justice soit faite. Plusieurs dizaines de milliers de personnes l’ont signée. Puis, à l’appel d’un collectif « Justice pour Astou Sokhna », plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Louga le 15 Avril. Une autre manifestation, nationale cette fois-ci, est prévue pour le 23 avril à Dakar.

Ce n’est pas la première fois que des femmes enceintes ou des malades meurent dans les hôpitaux publics de ce pays alors qu’on aurait pu les sauver si ces hôpitaux remplissaient correctement leur fonction. Mais cette fois-ci, des milliers des personnes ont eu envie de crier leur colère et de dire : « Trop, c’est trop ! », « Il faut que justice soit faite ».

Sentant que de plus en plus de gens pointent du doigt l’incapacité de l’État sénégalais à assurer le bon fonctionnement des hôpitaux publics, Macky Sall a pris le devant en essayant de trouver un bouc émissaire. Le premier qui en a fait les frais, c’est le directeur de l’hôpital de Louga. Il a été démis de ses fonctions après tout un cinéma sur son « manquement déontologique ». D’autres membres du gouvernement ont ajouté leur grain de sel en chargeant le personnel du secteur maternité de cet hôpital qui aurait fait preuve de « négligence », voire de non-assistance à personne en danger.

Bien évidemment, le premier responsable c’est l’État sénégalais. Personne n’ignore ce qui se passe dans les hôpitaux publics. Ils sont tellement en piteux état que les malades craignent d’y aller de peur d’y mourir au lieu d’être soignés. Le personnel soignant tire régulièrement la sonnette d’alarme et se met parfois en grève pour dénoncer leurs mauvaises conditions de travail, le manque de matériel de soins et de personnel, leurs bas salaires, etc. Mais à chaque fois, le gouvernement se bouche les oreilles sur leurs revendications.

Dans ces conditions, comment s’étonner que des drames surviennent dans ces hôpitaux publics que les gens qualifient de plus en plus de « mouroirs publics » pour ceux qui n’ont pas les moyens de se faire soigner dans les cliniques privées ?


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