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LE QUOTIDIEN DES TRAVAILLEURS

« OUVRIER INDÉPENDANT » OU PAS, CE SONT LES PATRONS QUI GAGNENT !

Ceci est le témoignage d’un chauffeur de “YANGO“ :

« J’étais ouvrier à la zone industrielle de Yopougon. Après plusieurs années dans la même entreprise, j’étais toujours journalier. Quand la crise du covid-19 est arrivée, j’ai été jeté à la porte comme un malpropre. Après, j’ai eu quelques contrats dans d’autres entreprises. Vivant encore chez mes parents, je me suis serré la ceinture pour avoir un permis de conduire. Quand je l’ai obtenu, je pensais que ma vie allait changer. J’ai passé des mois à chercher du travail. Sur les réseaux sociaux, j’ai vu une publication d’une dame qui cherchait un chauffeur pour faire « YANGO ». Je l’ai contacté et nous nous sommes rencontrés. Elle a accepté de me prendre comme chauffeur “YANGO“.

J’étais bien content. Mais à ma grande surprise, il fallait avoir un bon téléphone Android, télécharger et souscrire à l’application “YANGO“, avoir une connexion internet en permanence et aussi du crédit d’appel, tout cela est à mes frais. Elle n’a fait que le plein de réservoir du véhicule. Chaque soir, je dois lui verser la recette et faire le plein du réservoir. Quant à “YANGO“, c’est elle qui fixe le coût du trajet et ponctionne 18% de la recette.

Nous sommes deux à rouler. Comme salaire, chacun garde la recette d’un samedi sur deux. C’est ça notre salaire. C’est vraiment insuffisant. Alors chaque jour de travail, il faut se débrouiller pour rentrer avec un peu d’argent. Je travaille de 6h à 23h, soit plus de deux fois le temps de travail normal pour espérer rentrer avec 5.000f le soir. La dernière fois je soufrais du paludisme et de la fièvre typhoïde. Quand j’ai appelé ma patronne, elle m’a juste souhaité bonne guérison. Je suis allé prendre crédit auprès d’un ami pour me soigner. Au volant, je n’ai pas un petit chef qui me crie dessus comme à l’usine, mais j’ai une pression encore plus forte. En fin de compte je vois que je travaille pour des réseaux de téléphonie mobile, pour “YANGO“ (Uber) et la propriétaire du véhicule ».

Travailleurs « indépendants » ou pas, nous subissons tous la loi capitaliste du profit. C’est le même système qui nous exploite et nous réduit à la misère. C’est une lutte collective de tous les exploités que nous aurons à mener pour débarrasser la société du système de l’exploitation de l’homme par l’homme.


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