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MALI : L’EMBARGO A ÉTÉ LEVÉ MAIS LA VIE CHÈRE CONTINUE DE FRAPPER LES CLASSES POPULAIRES

ÉDITORIAL

Le 3 juillet dernier, les dirigeants de la CEDEAO (Communauté Economique des États d’Afrique de l’Ouest) ont levé l’embargo qu’ils ont imposé au Mali six mois plus tôt. Cette décision a été ressentie comme un soulagement par la population malienne. Tout le monde s’attendait à ce que cela se traduise par la fin de la pénurie et de la vie chère. Et comme cette levée tombait la semaine précédant la fête musulmane de la Tabaski, la joie a été encore plus grande dans les quartiers populaires car les gens croyaient qu’ils allaient enfin acheter des produits à des prix abordables pour célébrer cette journée. Hélas, la situation n’a pas changé et la joie s’est transformée en déception.

Les prix de l’huile, du riz et du sucre sont restés les mêmes car le gouvernement a laissé les commerçants grossistes agir comme bon leur semble. Les denrées produites localement comme le mil ou les produits maraîchers sont devenus encore plus chers que durant l’embargo, notamment à cause de la flambée des prix du carburant sur le marché mondial.

Beaucoup ont constaté que globalement leur situation d’aujourd’hui n’est pas meilleure qu’avant l’embargo, mais cela ne semble pas trop préoccuper les galonnés actuellement au pouvoir. Embargo ou pas, ces derniers et la bourgeoisie locale n’ont jamais manqué de rien. Bien au contraire, certains hommes d’affaires ont profité de la pénurie pour accroitre leur fortune sur le dos de la population pauvre. Pendant ce temps, les travailleurs et leurs familles se sont appauvris. Les maigres salaires ont été anéantis par la flambée des prix. Et c’est pour empêcher que celle-ci se transforme en flambée de colère que les militaires au pouvoir sont à l’affût de tout débordement et qu’en même temps ils essaient de détourner la colère populaire par la démagogie nationaliste.


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