UATCI

VICTIMES DE LA MISÈRE ET DU CAPITALISME EN CRISE

MADAGASCAR

Il ne se passe pas de semaines sans que la misère dans laquelle survit l’immense majorité de la population malgache ne se transforme en drame. D’abord il y a la sècheresse qui dure depuis au moins cinq ans dans le Sud-ouest. Cette calamité a été cause de la famine qui s’en est suivie et cause de milliers de morts. Qui plus est, pour échapper à cette catastrophe, un demi-million de personnes ont dû abandonner leurs maigres biens, leur bétail assoiffé et emprunter les chemins de l’exode en direction des bidons villes qui jouxtent les grandes villes, principalement la capitale Antananarivo.

Puis, la crise économique, la pandémie de Covid et le passage du cyclone Batsirai en début d’année, ont durement frappé les populations pauvres.

L’insécurité, les vols et les assassinats qui empoisonnaient la vie des gens en temps « normal », connaissent aussi une augmentation notable à travers tout le pays. Ainsi, à la fin du mois d’août, dans le district d’Ikongo, une zone enclavée située dans le sud-est de l’île, l’enlèvement d’un enfant albinos (pour trafic d’organes ?) puis l’exécution par les ravisseurs de sa mère qui cherchait à s’interposer, ont provoqué la mobilisation de la population. Environ 500 personnes ont encerclé la gendarmerie qui détenait quatre personnes soupçonnées d’avoir commis ces actes abominables. Les gendarmes ont tiré sur la foule faisant 19 morts et une vingtaine de blessés. Dans ce pays, les forces de l’ordre ont la gâchette facile surtout lorsqu’en ligne de mire elles ont des gens pauvres. Ces gens en uniformes sont à la fois impitoyables et corrompus, tout comme le sont plusieurs représentants de la justice. Ceux qui ont de l’argent peuvent acheter le verdict d’un procès. Dans ce cas comment s’étonner que la population ait cherché à se faire justice elle-même ?

La férocité des forces de l’ordre est à mettre en parallèle avec celle des voleurs : dans un village situé à 75 kms au nord de la capitale, 32 personnes dont 15 enfants sont mortes dans leurs maisons incendiées soit par des « dahalo » (des bandits sans scrupules), soit par des personnes qui se sont estimées perdantes dans un litige foncier.

Et encore : de nombreux petits bourgeois des villes ont recours au travail domestique de gosses originaires de la campagne. Les parents sont contraints de s’en séparer parce qu’en cette période de crise, eux-mêmes basculent de l’état de pauvreté à celui de misère. Des propriétaires aisés ou même des petits propriétaires terriens, n’hésitent pas à faire trimer du lever au coucher et même la nuit en tant que gardiens, des adolescents ou des adultes estimés anormaux. Les simples d’esprit, ceux qui n’ont pas de papiers en règle, les handicapés légers, les albinos… sont devenus des victimes toutes désignées de cette sorte d’esclavage des temps modernes.

Voilà quelques signes révélateurs d’une société en fin de vie qui devra être renversée par les travailleurs.


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