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PERSONNEL DE SANTÉ EN COLÈRE

MALI

Le personnel du centre hospitalier universitaire Point G, à Bamako, a fait une grève de deux jours le 8 et le 9 septembre 2022 pour revendiquer, entre autres, de meilleures conditions de travail et une meilleure considération de la part des autorités de tutelles. Les employés n’ont pas obtenu satisfaction mais continuent de protester et de faire connaître leurs difficultés.

Dans une vidéo publiée récemment sur les réseaux sociaux à Bamako, ils appellent la ministre de la Santé et le chef de l’État, à se rendre dans leurs services pour vérifier de leurs propres yeux dans quelles conditions ils soignent les malades.

Une infirmière pousse un cri du cœur et donne son témoignage : « Notre cadre de travail est envahi par les herbes infestées de reptiles et d’insectes de tous genres. Il y a quelques jours, un serpent était confortablement installé dans le bureau de notre major. Les voleurs viennent nous rendre visite à chaque fois. Nos toilettes sont délabrées. Le gros CHU du point-G, avec plus de 100 services, ne dispose que d’un seul plombier […] Pour le scanner, nous n’avons pas de médecin après la descente, c’est pareil pour les échographies. À une certaine heure, les échos ne sont plus possibles ici, puisque les médecins spécialisés dans ces domaines rentrent ».

Une autre infirmière a poursuivi : « Nous nous occupons de plus de 50 patients par nuit. Et pire, les heures de garde sont trop longues … Nous avons 35 lits dans les chambres d’en haut et 20 lits dans les chambres du rez-de-chaussée. Nous sommes abandonnées à notre triste sort ici … Parfois, c’est le professeur lui-même qui met la main à la poche pour payer les plombiers et les autres ouvriers pour que nous puissions au moins utiliser les toilettes. Dans notre unité, nous sommes très souvent obligés d’utiliser les bougies des patients dans les toilettes ».

Le personnel hospitalier exige aussi le droit de bénéficier des logements sociaux. Il rappel que l’ensemble des problèmes soulevés remonte à plusieurs années et que le pouvoir a toujours fermé les yeux.

Le délabrement des hôpitaux publics, le manque de matériel de soin, les mauvaises conditions de travail, les bas salaires et le mépris des autorités politiques, sont le lot quotidien de tous les établissements sanitaires publics. Il y a déjà eu de grandes grèves, notamment en mars 2017. Cela avait paralysé l’ensemble des hôpitaux publics du pays durant plusieurs jours.

L’attitude méprisante de l’actuel pouvoir finira par provoquer la colère qu’il mérite.


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