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LES PATRONS AFFICHENT DES CHIFFRES D’AFFAIRES MIROBOLANTS, LES TRAVAILLEURS NE SE LAISSENT PAS FAIRE

MADAGASCAR

Selon le quotidien proche du pouvoir et du patronat « L’Express de Madagascar » du 20 octobre dernier, le montant des exportations de girofle est passé de 52,5 millions de dollars en 2021 à 224,7 millions de dollars pour les neuf derniers mois, c’est-à-dire du simple au quadruple. En ce qui concerne cette année 2022 qui n’est pas terminée, les estimations sont supérieures à celles de l’année précédente. De manière générale, les produits agricoles d’exportation ainsi que les produits miniers, sont crédités d’une hausse quantitative remarquable. Selon la même source, les exportations des entreprises franches affichent une hausse de 16,7% en volume. Malgré ces chiffres d’affaires record, les travailleurs de tous ces secteurs sont sensés accepter leur sort misérable.

Les employés de la JIRAMA (Société qui fournit l’eau et l’électricité) sont en grève pour dire non aux bas salaires et pour s’opposer à la dégradation des conditions de travail.

Ceux de la compagnie aérienne Air Madagascar ont mené un conflit dur pendant de longs mois pour ne pas être « remerciés » sous prétexte de restructuration de leur compagnie. Pour se débarrasser d’une partie du personnel, l’État et les dirigeants de la compagnie ont créé la filiale Tsaradia. Cette grève ne fut pas totalement victorieuse, en se battant les travailleurs ont réussi à faire céder leur employeur sur certains points.

Les zones franches sont des zones industrielles en majorité spécialisées dans la confection de vêtements destinés à l’exportation. Les travailleurs de ces zones refusent par de multiples façons d’être taillables et corvéables.

La colère des travailleurs est grande et elle s’exprime ça et là de façon désordonnée. Les dirigeants syndicaux sont périodiquement invités à discuter avec les représentants de l’État, loin du regard des travailleurs, dans les salons feutrés des grands hôtels. Ils sont considérés comme étant « une force de proposition » ou comme acteurs du « dialogue social ». Autant dire que la classe ouvrière n’a rien à attendre de ces gens-là, ni des partis politiques existants dans cette grande île pleine de richesses et où ceux qui les produisent sont sensés se contenter de survivre.

Pour changer leur sort, les travailleurs ont besoin d’une organisation politique liée exclusivement à leurs intérêts. Elle seule pourra offrir de réelles perspectives de changement en leur faveur et en faveur de tous les déshérités du pays.

Incapables de faire réparer les routes et les ponts qui relient les grandes villes, les dirigeants cherchent des boucs émissaires.

L’état de la route nationale n°4 reliant la ville de Mahajanga à Antananarivo (la capitale) est très dangereux, catastrophique en cette période de début de la saison des pluies. Les populations de cette région desservie par cette route, risquent d’être complètement isolées. Dès maintenant l’approvisionnement est au bord de la rupture.

Il en est de même pour la grande route qui relie le chef lieu de province Toliara à Fort-Dauphin. Plusieurs tronçons sont dans un état lamentable. Le gouvernement n’a pas l’air d’être gêné outre mesure de cette situation. Ce serait la faute aux enfants : « des enfants et des mères de familles aggravent l’état des routes » selon « L‘Express » du 8 novembre. Ce journal les désigne du doigt en poursuivant : « ces petits malins creusent encore plus pour pouvoir démontrer qu’ils sont là pour obturer les creux ».

Si Andry Rajoelina continue à mettre son incapacité sur le dos des victimes de cette situation, ce n’est pas un « creux » qui va le séparer d’elles mais un fossé.


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