UATCI

L’EXPLOITATION CAPITALISTE ET LA MISÈRE CONTINUENT DE S’AGGRAVER

MADAGASCAR

Actuellement, à travers cette vaste île dans laquelle existent pourtant de nombreuses richesses naturelles et des potentialités, les patrons licencient à tour de bras. Les droits et les passe-droits dont ils continuent de bénéficier auprès des pouvoirs publics ne leur suffisent pas, ils en veulent toujours davantage.

Dans le passé, ils promettaient l’essor du pays, le développement… à condition que l’État malgache leur laisse les mains libres. Ratsiraka (décédé le 28 mars dernier) a été un de leurs fidèles serviteurs. Sous son régime puis sous ceux de ses successeurs, les patrons ont obtenu des possibilités nouvelles sous forme d’Entreprises Franches devenues plus tard zones industrielles dites franches. Dans ces lieux, la situation des travailleurs s’est aggravée, le peu de droits dont ceux-ci bénéficiaient auparavant, ne s’applique plus. Il y a encore des syndicats mais ils sont plus ou moins réduits à la clandestinité. Les délégués du personnel n’ont pratiquement aucun droit et sont souvent tenus de faire allégeance aux religieux. Les conditions d’hygiène et de sécurité se sont elles aussi détériorées.

À travers le pays, certains dirigeants syndicaux ont été promus et sont par conséquent devenus complices de l’aggravation de l’exploitation capitaliste. Le seul droit dont les travailleurs bénéficient c’est celui de se taire… ou de se consoler en faisant des prières. C’est ainsi que les confréries religieuses de toutes sortes foisonnent et font main basse sur de nombreuses institutions qui relèvent pourtant de l’État. C’est le cas dans l’enseignement, c’est aussi le cas dans le domaine de la santé, etc.

Du côté des patrons, face au corona virus, il y a plus de blabla que d’actions concrètes : un certain Akbaraly, PDG du groupe Sipromad a organisé à Ankorondrano (près d’Antananarivo) une réunion le 19 avril, pour vanter les mérites de sa fondation, notamment dans sa prétendue lutte contre l’épidémie de Corona virus. En association avec l’État et ses structures, ce patron qui joue au mécène voudrait « aider tout Madagascar et sa population ». Il a parlé devant un parterre de hauts représentants de l’État, dont le ministre de la Santé et celui des Affaires étrangères, des membres du Corps diplomatique et du patronat. Ils étaient sans doute tous contents de leur journée et ont bien parlé entre gens du même monde. À quoi se sont-ils engagés ? Qu’ont-ils décidé à l’abri du regard de la population ? Eux-seuls le savent.

Un autre patron, celui de la société STAR a annoncé à grands renforts de publicité un don de cent mille bouteilles d’eau au ministère de la Santé pour, parait il « rafraichir le personnel soignant ». Ces sortes de conversations de salon sont bien orchestrées par les médias.

Pendant ce temps, de nombreux soignants sont toujours en attente de leurs salaires impayés depuis le mois de décembre dernier. Les infirmières, les médecins, les sages-femmes ainsi que les divers employés paramédicaux qui se dévouent face à la pandémie, ne peuvent pas se contenter d’espoir ni d’eau fraiche, fut-elle minérale. Un bon coup de balai de la part des travailleurs et de la population pauvre s’impose.


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