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YU YUAN : DES TRAVAILLEURS EN LUTTE

LE QUOTIDIEN DES TRAVAILLEURS

YU YUAN est une petite scierie chinoise située dans la zone industrielle de Yopougon. Les conditions de travail sont très difficiles parce que c’est une usine semi-industrielle où une partie des travaux se font manuellement et tout cela avec un salaire au rabais. Voici le récit d’un des ouvriers après une journée de grève :

« Dans notre usine, nous sommes plus d’une soixantaine de travailleurs, dont la moitié sont des journaliers sans contrat. Chaque matin, nous devons pousser les grumes de bois jusqu’aux machines artisanales installées sous les préaux. Ce travail pénible incombe aux journaliers et autres nouvelles recrues. Pas de tenue de travail, ni de chaussures adaptées aux conditions dans lesquelles nous travaillons. Les machinistes scient les troncs de bois sans cache-nez. En cas de blessure, la direction donne des miettes pour permettre au blessé d’aller à une clinique, juste pour le premier jour et puis c’est tout.

Il y a trois ans de cela, en 2018, nous avons obtenu un accord où le salaire des manœuvres est passé de 2500 F à 4170F par jour. Mais à part cela, tous les autres points comme la déclaration à la CNPS, l’embauche en CDI ou même l’octroi des chaussures de sécurité etc., sont restés sans suite. Donc, excédés de cette injustice, nous nous sommes remobilisés pour réclamer l’application de cet accord et surtout dire non aux contrats à durée déterminée qu’elle proposait aux anciens travailleurs.

Après le dépôt de notre liste de réclamation, le 17 mai dernier, la direction donna dans la provocation en demandant à nos deux premiers porte-parole qui ont plus de 5 ans d’ancienneté et qui sont des ouvriers machinistes, de changer de poste et d’aller pousser les grumes de bois. L’ensemble des travailleurs arrêta immédiatement tous les travaux. Malgré la présence de deux commissaires de police accompagnés de leurs éléments, nous avons maintenu notre position toute la journée. Le soir, la direction céda enfin. Nous avons repris le travail, chacun à son poste. Elle a donné une mise à pied aux deux collègues accusés d’avoir incité les autres à la grève. De notre côté, nous nous apprêtons à riposter en cas de renvois.

Pour le moment, le moral de tous les travailleurs est haut car pendant la petite grève nous avons obtenu 6000 F par jour pour le travail des samedis au lieu de 4300F auparavant. Donc, affaire à suivre ».


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