UATCI

DÉMAGOGIE SUR LA HAUSSE DES PRIX

CÔTE D’IVOIRE

Les prix ont augmenté aussi bien pour les produits de première nécessité que certains autres dans divers domaines tels que la cimenterie. Cette flambée des prix a donné lieu sur les réseaux sociaux à des échanges entre les deux camps, pouvoir et opposition.

Pour le pouvoir, parler de la hausse des prix serait de « l’exagération », le résultat d’une « pure campagne de désinformation de l’opposition », etc. Ce serait en outre la conséquence d’une situation mondiale et du fait des commerçants.

On entend par ci par là qu’« on ne mange pas les ponts et le goudron » en référence aux différents ponts et routes qu’Alassane Ouattara est en train de construire. Les partisans de Gbagbo disent que quand celui-ci était au pouvoir tout était moins cher. Pourtant en 2008, des journées de manifestations ont eu lieu à Abidjan contre la vie chère, Gbagbo était alors au pouvoir. Des barricades ont été dressées par les jeunes dans certains quartiers, des tirs de police sur les manifestants avaient même fait un mort et plus d’une dizaine de blessés.

Peut-être qu’aujourd’hui, l’État arrive à mieux museler les forces qui veulent se plaindre contre la cherté de la vie mais il n’en demeure pas moins que la grogne est là car la vie est difficile pour une très grande partie de la population. Une marche avait même été projetée pour le 19 juillet.

Les deux camps ont toujours fait ce jeu selon qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition ! Le terme « le sachet de la ménagère » n’a pas été inventé sous Alassane Ouattara, il existait bien avant, en référence aux mamans qui allaient au marché munies d’un sachet noir à la place d’un panier parce que tout avait augmenté.

Pour la majorité de la population qui souffre depuis de nombreuses années, il faut plus que des envolées sur les réseaux sociaux. Les salaires de nombreux ouvriers suffisent à peine à les faire vivre, alors leurs familles, on n’en parle pas. Ils touchent en moyenne 85 000 fr pour les plus chanceux. Les loyers, même dans les quartiers précaires, subissent des hausses, notamment à cause des déguerpissements. À cela, s’ajoute le paiement de la caution et du loyer à payer par avance. Pour les produits de première nécessité, le litre d’huile est passé de 825 fr à 1 100 fr voire 1 200 fr à la boutique. Auparavant, l’on pouvait acheter de l’huile pour 50 fr, aujourd’hui minimum 100 fr et encore certains commerçants refusent ! Le prix du kilo de viande sans os est passé de 2 500 à 3 000 fr, un bond de 500 fr. De plus il n’est souvent plus possible de se faire servir de la viande pour 500 fr au marché. Le lait était déjà un peu un produit de luxe ; avec ces augmentations, c’est du grand luxe !

Face à cette situation le gouvernement se contente de prendre quelques mesurettes qui consistent par exemple à effectuer de prétendues opérations de contrôle chez les commerçants qualifiés de récalcitrants. La protestation ne doit pas s’arrêter aux discussions de salons. La responsabilité des grands groupes qui ont la mainmise sur l’approvisionnement et qui font des profits doit être mise à l’index.


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