La colère gronde chez les ouvriers de Jangsu Zhentuai
« L’entreprise Jiangsu Zhentuai où nous travaillons, possède plusieurs chantiers un peu partout dans le pays. Les plus anciens d’entre nous ont plus de quatre ans d’ancienneté et passent d’un chantier à un autre. Sur le nouveau site de construction du centre commercial de pk 24 sur l’autoroute du nord où je suis actuellement, le chantier est plus récent. Ces six derniers mois, nous avons construit douze bâtiments.
Les conditions de travail sont mauvaises et les salaires, ce n’est pas vraiment ça. Par exemple, les ouvriers chargés du montage et du démontage des échafaudages étaient pointés à 4000F pour une journée de dix heures. Depuis quelques temps, leur paiement est passé à la tâche. Du coup, leur salaire journalier est passé à 3000 F, voire 2000 F pour certains, cela en travaillant 10 h dans la journée. Nous ne bénéficions même pas d’un seul jour de repos hebdomadaire. Un travailleur qui s’absente le dimanche est aussitôt ciblé. Les mises à pieds ne manquent pas, les intimidations et les menaces de renvois sont monnaies courantes.
Nous ne disposons pas de toilettes, ni pour nous, ni même pour les dames qui nous font à manger sur le site. Chacun se débrouille comme il peut dans les champs de manioc. Même pour se laver à la fin du chantier, nous nous abritons comme nous pouvons derrière des contreplaqués. C’est d’ailleurs aussi là que nous prenons de l’eau que nous buvons ainsi que pour la cuisine.
Nos salaires sont payés le dimanche de 14h à 19h, voire jusqu’à 20h, une heure tardive où nous risquons de nous faire agresser et perdre notre argent.
Nul ne peut prévoir le temps, mais la révolte finira par exploser très bientôt ».
