Mali : ni la dictature des militaires, ni celle des djihadistes !

09 mai 2026

La junte militaire d’Assimi Goïta arrivée au pouvoir par un coup d’État en Août 2020, est aux abois devant les attaques répétées des groupes armés islamistes qui se sont alliés avec le mouvement nationaliste de l’Azawad. Les grandes villes du Nord, de l’Est et du Centre-Est, à commencer par Kidal, la capitale des Touaregs, mais aussi Mopti, Gao, Sévaré et bien d’autres, ne sont plus sous contrôle de Bamako. Les populations civiles de ces villes et régions éloignées de la capitale ont échappé à la terreur de l’armée malienne appuyée par les mercenaires russes de l’Afrika Corps, anciennement Wagner, pour être sous celle des miliciens djihadistes fanatiques liés à Al-Qaïda et aux groupes armées indépendantistes de l’Azawad.

Assimi Goïta a beau dire qu’il « contrôle » la situation mais son gouvernement ne parvient même pas à se défaire du blocus de la capitale et de bien d’autres grandes villes du pays. Ce blocus est organisé par ces mêmes groupes armés qui contrôlent le Nord du pays. Ils bloquent les camions citernes qui transportent le carburant provenant notamment du Sénégal ou d’autres pays voisins. Cela dure depuis plusieurs mois et provoquent des pénuries de denrées ainsi que des augmentations des prix du transport et des produits alimentaires, entre autres.

Ces groupes armés deviennent de plus en plus menaçants pour la survie du régime de Goïta, à tel point que même le bastion militaire qu’est la ville de Kati située à seulement 15 kilomètres de la capitale, n’est plus un endroit sûr pour les grands pontes du régime. C’est là que le général Sadio Camara, ministre de la défense de la junte, a été tué le 25 avril dernier au nez et à la barbe de ses gardes du corps.

Pris de panique, Assimi Goïta accentue sa dictature et fait la chasse à ceux qui ne le soutiennent pas. Son gouvernement a appelé la population à le soutenir et à l’acclamer à Bamako et dans d’autres villes du pays mais pas grand monde n’est sorti dans la rue pour scander son nom.

Dans les médias d’État, complètement soumis à la dictature de la junte, on propage des discours de plus en plus nationalistes en faveur de Goïta en essayant d’opposer les populations du Nord qui seraient rebelles au pouvoir central de Bamako et celles du Sud qui seraient plus loyalistes. Les dirigeants des mouvements rebelles disent l’inverse.

Les discours nationalistes des uns et des autres, s’appuyant tantôt sur l’origine ethnique, tantôt sur la langue, la culture ou autres distinctions, sont autant de pièges contre les travailleurs parce que, quelles que soient leur différence de langue, de couleur de peau ou de religion, ils forment une seule classe sociale, celle des exploités et leurs seuls ennemis sont les exploiteurs, quelques soient leur origine ou leur ethnie.