Riches et politiciens, complices des attaques contre les travailleurs et les pauvres !
Il est impossible de vivre avec un salaire de 75.000 Fr, même en y ajoutant les revenus secondaires générés par les autres membres de la famille. Une fois qu’on a déduit les 50.000 francs du loyer, il ne reste plus grand-chose pour la popote, les besoins des enfants et tout le reste. C’est pourtant le salaire perçu par la très grande majorité des travailleurs dans les usines, le bâtiment, les écoles, les hôpitaux et dans bien d’autres branches. Et encore plus nombreux sont les travailleurs dans les «secteurs informels» qui ne perçoivent même pas ce salaire de misère. Voilà dans quelle situation catastrophique vit la grande majorité des travailleurs à Abidjan.
C’est dans ce contexte et en pleine saison de pluie que le gouvernement a de nouveau entrepris des déguerpissements de quartiers pauvres, notamment à Koumassi et dans la commune de Port-Bouët. Ce sont les quartiers Campement, Zimbabwé, Vridi-Cité, le long du phare de Port-Bouët et Vridi-Canal qui ont été rasés, jetant à la rue plusieurs dizaines de milliers de familles dont certaines habitaient depuis 60 ans !
Le maire Pdci de Port-Bouët a beau jeu de feindre de ne pas avoir été informé, comme il a aussi fait semblant d’en être indigné. C’est exactement ce qu’avait fait en son temps le maire Rhdp de Yopougon, Bictogo, alors président de l’Assemblée nationale. Ce politicien milliardaire, suivi par une nuée de caméramans, était venu ensuite distribuer quelques sacs de riz à des déguerpis de sa commune. Lui et les parvenus de son genre pensent qu’avec leur argent ils peuvent tout acheter ! Laurent Gbagbo s’était lui aussi rendu dans l’un de ces quartiers déguerpis à Yopougon et face aux caméras, avait versé quelques larmes sur le sort des familles en détresse. Une telle couverture médiatique est recherchée par tous les politiciens en vue des élections à venir. Chacun fait son cinéma en croyant que cela va lui rapporter des votes.
Un haut responsable des opérations de déguerpissement est allé jusqu’à dire que ce qui guide les actes du gouvernement c’est l’intérêt et la sécurité des populations qui s’entassent dans ces bidonvilles insalubres. En réalité, bien souvent, des riches se cachent derrière ces opérations, cherchant à accaparer ces espaces ainsi libérés.
Tous ces sales coups contre les travailleurs et les populations pauvres : les bas salaires, la précarité, les mauvaises conditions de travail, comme les déguerpissements, viennent de la bourgeoisie, cette minorité de riches qui exploite les travailleurs. Les dirigeants politiques, tout en prétendant qu’ils œuvrent pour le bien de tous, ne font qu’exécuter les désirs de cette minorité et en contrepartie de leur sale boulot ils bénéficient de quelques miettes lâchées par les grands profiteurs et exploiteurs.
Dans bien d’autres pays du continent, les populations pauvres vivent les mêmes réalités. Les bas salaires et les mauvaises conditions d’existence sont le lot commun de tous les travailleurs. Comme ici, de nombreuses familles ouvrières vivent dans des bidonvilles qui fleurissent aux alentours des grandes villes comme Dakar, Lagos ou Niamey entre autres, et subissent régulièrement des déguerpissements. Partout, le rôle des gouvernements est de servir les intérêts des capitalistes et de leur permettre de tirer le maximum de profits de l’exploitation des travailleurs.
La bourgeoisie continuera d’aggraver toujours un peu plus la situation des travailleurs tant que ceux-ci ne se feront pas craindre au travers de luttes collectives pour défendre leurs intérêts en tant que travailleurs. Ceux-ci ne peuvent attendre de solutions à leurs problèmes d’aucun «sauveur». « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes » écrivait Karl Marx dans les Statuts de l’Association Internationale des Travailleurs en 1864. Aujourd’hui, ces paroles sont plus que jamais d’actualité, dans la mesure où le monde n’a jamais disposé d’autant de richesses pour que tous puissent en jouir, à commencer par les travailleurs, sans qui aucune richesse ne serait produite dans ce monde et sans qui, nulle part, la société ne pourrait fonctionner.
