L’émancipation des travailleurs n’a rien à voir avec leur prétendue indépendance nationale
C’est en sabrant le champagne que les riches et leurs représentants au pouvoir ont fêté les 66 ans d’indépendance de la Côte d’Ivoire ! C’était la fête pour eux mais pas pour la grande partie de la population, en particulier pour les travailleurs et leurs familles qui ont du mal à joindre les deux bouts. Que doivent-ils fêter ? La misère ? Les privations ? Les mauvaises conditions de travail ? Les taudis dans lesquels ils vivent ? La cherté du coût de la vie qui réduit à néant leurs maigres salaires ? Le chômage et la précarité du travail ? La galère dans les transports ? La liste de tout ce qui ne va pas pour tous ceux qui sont les « en bas de en bas » de la société capitaliste serait trop longue à inventorier.
D’un côté, la richesse coule à flot pour une petite minorité et de l’autre, c’est la misère sans fin pour la grande majorité. Ce sont les deux faces indissociables de la société capitaliste. C’est ce système économique que défendent et qu’ont défendu tous les dirigeants politiques qui se sont succédé au pouvoir depuis la fin officielle du colonialisme dans ce pays. Certes, les dirigeants de l’État ont changé de couleur de peau, mais l’exploitation et la misère continuent car c’est le même capitalisme qui poursuit son chemin et qui le poursuivra tant que les travailleurs n’y mettront pas fin en prenant conscience que ce sont eux et eux seuls qui pourront changer leur sort.
Indépendance nationale ou pas, ce sont ces capitalistes locaux et surtout internationaux qui ont la mainmise sur les richesses naturelles de ce pays. Ainsi, la production de l’or est entre les mains des capitalistes anglais, canadiens et australiens. Pour le café-cacao, ce sont des multinationales comme Cargill (USA) ou Barry Callebaut (belgo-suisse). Pour le pétrole, ce sont TotalEnergies (France) et Eni (Italie). La production de la banane est contrôlée en grande partie par la Compagnie fruitière (SCB), basée à Marseille, celle de l’hévéa est notamment contrôlée par le groupe Michelin. La production d’électricité est contrôlée par British International Investment, le groupe Bouygues, ainsi que le groupe Aga Khan basé en France. Bouygues contrôle également la distribution de l’eau et de l’électricité. Quant à l’activité portuaire, elle a été rachetée au français Bolloré par l’armateur italo-suisse MSC. La Côte d’Ivoire étant aussi l’un des plus gros importateurs de riz au monde, le principal négociant, CIC, est basé en Suisse. En tête de l’activité bancaire, on trouve les banques françaises, etc.
Nos dirigeants politiques locaux, même s’ils sont à la tête d’un État soi-disant indépendant, ne sont en réalité que des pantins entre les mains des propriétaires de ces grandes firmes. Avec les milliards qu’ils brassent, les gros actionnaires de ces entreprises tentaculaires font la pluie et le beau temps un peu partout dans le monde. Leurs États impérialistes protègent leurs intérêts et sont prêts à intervenir militairement pour imposer leur suprématie, comme ils le font déjà aux quatre coins du monde.
À côté de ces gros capitalistes issus des pays impérialistes, il y a des capitalistes locaux, dont la prospérité dépend en grande partie des besoins des multinationales dont ils sont souvent les intermédiaires. Pour tous ces gens-là, la Côte d’Ivoire est un eldorado. La prospérité économique dont se vantent tant Ouattara et son gouvernement, c’est celle de cette petite minorité qui vit sur un îlot de richesses au milieu d’un océan de misère. Mais il n’est écrit nulle part que ce système économique ignoble est irremplaçable et que les travailleurs sont condamnés à courber l’échine et à travailler durant toute leur vie comme des esclaves pour enrichir toujours plus ces parasites et ces voleurs. Il faut que cette situation change !
