Un fait divers qui montre le pourrissement de la société
À Ouellé, une localité du Centre-est, un jeune homme qui s’était rendu dans une maison close pour des rapports tarifés y aurait été poignardé à mort après une altercation avec des prostituées. Dans les heures qui ont suivi le décès, des groupes de jeunes se sont attaqués à plusieurs sites identifiés par eux comme des lieux de prostitution. Des bâtiments ont été saccagés et certains incendiés, tandis que plusieurs femmes ont été prises pour cible.
Ce fait divers a servi de prétexte pour stigmatiser et vouer à la vindicte populaire une frange pauvre de la population. Les prostitués de cette localité sont en majorité anglophones et originaire du Nigeria. Si les deux filles soupçonnées de l’assassinat sont déjà entre les mains de la gendarmerie, il n’est fait aucun cas de l’arrestation de ceux qui ont mené et conduit ces attaques ignobles contre ces femmes.
Personne ne vend son corps par plaisir. C’est le manque de perspective, la misère morale et physique qui poussent les femmes à se prostituer. Tant qu’on ne mettra pas fin aux causes profondes de cette pratique dégradante, ce n’est ni la répression, ni les bonnes paroles qui y mettront fin.
