Les vrais pilleurs des mines d’or et les amateurs
Pas un seul jour ne passe sans que la presse, la télé ou même l’internet ne nous présentent des petits orpailleurs arrêtés, des motopompes ou des bidons d’essence saisis, du petit matériel brulé. Une nouvelle brigade contre l’orpaillage clandestin a même été créée pour la circonstance. Des préfets ont tenu récemment une réunion à cet effet où ils se sont donnés, soi-disant, six mois pour mettre fin au fléau. On ne parle plus d’orpaillage clandestin, on dit maintenant orpaillage illégale. Des arrestations se passent sur toute l’étendue du pays.
Les dirigeants découvrent aujourd’hui que cette activité saccage des forêts, détruit des terres cultivables, pollue les cours d’eau et les nappes phréatiques. Récemment à Agboville, la fourniture en eau potable a été interrompue durant plusieurs jours à cause d’une contamination aux métaux lourds.
Les dirigeants avancent le chiffre de 4000 milliards générés par cette activité parallèle. En réalité, le vrai problème, il est là. Cette manne passe en partie par-dessus la tête des multinationales, notamment américaine et canadienne, et aussi passe sous le nez des hauts dirigeants de l’Etat qui aimeraient palper une partie de cet argent.
Ces gens-là ont beau jeu de se cacher derrière la pollution générée par cette activité aurifère qui est réelle. Sauf qu’elle n’est pas moins polluante ou moins destructrice pour la nature quand elle est opérée par ces gros requins venus des pays impérialistes et qui dominent déjà largement ce secteur en Côte d’Ivoire. Chaque année, dans les régions où ces grandes sociétés opèrent, des cours d’eau sont pollués et des poissons meurent en masse. Mais les autorités se font alors toutes petites et font tout pour camoufler les réels dégâts sur la nature, sur les ouvriers dans les mines et sur les habitants de ces régions, causés par ces vrais pilleurs de richesses du pays.
