Travailleurs, les patrons nous font la guerre pour leurs profits. Préparons la révolution pour renverser leur système !
Pour fait de grève, des ouvriers du bâtiment de Jiangsu Zhenhuai au PK25 sur l’autoroute du nord à Yopougon, ont été pourchassés et frappés par des policiers et des gendarmes puis embarqués au poste de police et enfermés à la Maca ; certains ont été ensuite licenciés.
Dans cette entreprise, les ouvriers effectuent des journées de 10h payées 4000 Fr ; ils sont obligés de travailler tous les jours, y compris les samedis et dimanches ; ils n’ont ni bulletin de paie, ni le moindre équipement de protection.
Aussitôt la grève déclenchée et le chantier bloqué, les policiers et les gendarmes sont venus réprimer les travailleurs en lutte. Ceux-ci ont été traités comme des criminels alors qu’ils n’ont fait que défendre leurs droits élémentaires. Ils sont pour la plupart des pères de famille qui sacrifient leur vie pour une bouchée de pain. Leurs salaires sont tellement dérisoires que beaucoup d’entre eux dorment sur le chantier, quand ils ne logent pas dans des taudis infects à plusieurs, loués à proximité du chantier, afin d’économiser le maximum d’argent pour leur famille. Ils sont de toutes les ethnies et de toutes les régions. Certains viennent de plus loin, du Togo, du Ghana, du Bénin et vivent parmi nous depuis plusieurs années voire plusieurs générations. Tous ensemble, ils ont relevé la tête et fait la grève pour contraindre leur patron à respecter leurs droits. Même si cette première mobilisation importante n’a pas permis d’obtenir les revendications escomptées, leur combat n’est pas pour autant terminé, ils pourront s’appuyer sur cette expérience pour être encore plus forts demain.
Ce combat peut aussi servir d’étincelle sur d’autres chantiers environnant ou dans des entreprises de la zone industrielle car les travailleurs subissent partout l’exploitation et le mépris patronal. Ainsi, par exemple, sur le chantier SEG au Plateau à Abidjan, certains travailleurs sont payés à 4500 Fr pour 12 heures de travail, de nuit comme de jour. Malgré leurs nombreuses mobilisations et grèves, ils n’ont obtenu jusqu’à présent qu’une augmentation journalière de 300 Fr alors qu’ils exigent 5000 Fr de plus par jour.
Dans la zone industrielle de Yopougon, chez Darling, les ouvrières sont réduites à travailler 3 jours par semaine, pour un salaire de misère et des conditions de travail dignes des travaux forcés. C’est la même exploitation à Dream Cosmetics, Nutri, Aya, Filtisac, Solibra, et même dans les CHU et les écoles.
Le mécontentement existe partout, mais la colère est souvent retenue à cause de la peur de perdre son travail ou de la répression policière. Et quand les travailleurs, malgré tous ces obstacles, se mettent en grève, leurs luttes restent le plus souvent isolées les unes des autres, et les patrons, avec la complicité des autorités politiques et parfois de la bureaucratie syndicale, s’en sortent à bon compte.
Dans cette société capitaliste, il n’y a pas d’avenir radieux pour les travailleurs, la seule place qui leur est accordée c’est celle d’être de la chair à exploiter. Il en sera ainsi tant qu’existera le système capitaliste, mais il ne disparaitra pas tout seul car la classe sociale qui profite de ce système (c’est-à-dire la bourgeoisie) le défendra becs et ongles. Elle a à son service tout l’appareil d’État (armée, police, justice et tant d’autres instituions). Mais l’histoire du mouvement ouvrier a déjà montré que la classe ouvrière a aussi les moyens de renverser la classe exploiteuse et de prendre en main son destin et celle de toute la société lorsqu’elle est organisée et déterminée à en finir avec la domination de la bourgeoisie.
Cette classe ouvrière existe en Côte d’Ivoire, elle est nombreuse et présente dans tous les secteurs économiques. Son nombre et son rôle clé dans la production des richesses ainsi que ses liens avec les populations des quartiers pauvres et la petite paysannerie sont autant d’atouts qui peuvent lui permettre non seulement de se défendre contre la classe capitaliste mais de la renverser, et de bâtir un État qui sera dirigé par les travailleurs en armes. C’est le seul moyen d’en finir avec le règne de la bourgeoisie et de l’exploitation de l’homme par l’homme.
Le système capitaliste mène l’humanité vers la guerre, l’aggravation de la misère et la dévastation de la planète. Un autre monde est possible mais seule la classe ouvrière organisée mondialement peut le bâtir. Cela passera nécessairement par la création d’une organisation politique de la classe ouvrière, c’est-à-dire un parti communiste révolutionnaire et internationaliste. Voilà pourquoi, il est impératif que les travailleurs, partout où ils se trouvent, œuvrent à la construction d’un tel parti et lèvent le drapeau rouge de la révolution prolétarienne.
