Sa pauvreté lui a coûté la vie
(Témoignage)
« Mon ami vivait à Micao, un quartier ouvrier à proximité de la zone industrielle de Yopougon. Le 29 août, aux environs de 10 heures, il a été victime d’une grave crise nécessitant une prise en charge médicale urgente. Conduit au centre de santé du quartier par son voisin, il n’a malheureusement pas pu être pris en charge, faute d’appareil respiratoire disponible. Il a alors été transféré vers un autre établissement plus important où aucune place n’était disponible. Au CHU de Treichville, la situation était la même : pas de place. Ce n’est finalement que dans la soirée qu’il a été admis au CHU de Cocody. Malheureusement, il est décédé peu après son admission.
Derrière ce drame, plusieurs questions se posent : combien de temps un patient en urgence doit-il attendre avant d’avoir accès aux soins ? À qui incombe la responsabilité d’une telle situation ? Aux établissements de santé confrontés au manque de matériel et de places ? Aux responsables chargés de l’organisation du système sanitaire ? Aux pouvoirs publics qui doivent garantir un accès effectif aux soins ? Combien d’autres drames faudra-t-il encore pour que l’accès aux soins d’urgence devienne une véritable priorité ? Cela mérite des réponses. Et surtout des actes».
De toute évidence, c’est un pauvre qui est mort, pas un riche. Autrement dit, la réponse aux questions posées se trouve d’abord là. Nous sommes dans un système capitaliste où tout se monnaye, y compris la vie. Tu n’as pas assez d’argent, alors tu crèves !
