AFRIQUE DU SUD : VAGUE DE VIOLENCES CONTRE LES TRAVAILLEURS IMMIGRÉS

11 juillet 2026

Armées de machettes et de gourdins, des bandes armées scandant des discours xénophobes s’en prennent violemment aux travailleurs africains venus chercher du travail dans ce pays. Ces attaques ont déjà fait de nombreux morts et blessés. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont déjà fui le pays, d’autres essaient de se cacher comme ils peuvent pour échapper aux représailles.

Des mouvements nationalistes très actifs et très virulents sur les réseaux sociaux, accusent à longueur de journée les étrangers d’être responsables du chômage, de la criminalité et de la dégradation des services publics. Ils sont soutenus implicitement ou explicitement par des politiciens ou par des personnalités qui ont pignon sur rue, y compris par ceux du régime en place qui cherchent des boucs émissaires pour masquer leurs propres responsabilités dans la dégradation des conditions d’existence des travailleurs et de l’ensemble des couches pauvres du pays. Et pendant que les pauvres s’entretuent, la minorité privilégiée qui détient les postes clés de l’État et de l’administration s’en met plein les poches de même que les grands capitalistes qui exploitent les travailleurs et pillent les richesses du pays avec la complicité du pouvoir en place.

Ce n’est pas la première fois que ce genre de violence éclate dans ce pays et sont encouragées par les tenants du pouvoir qui se vantent pourtant de l’antiracisme hérité de la lutte anti-apartheid, et de leur prétendue bonne entente avec les peuples voisins.

Sur ce même sujet, nous reproduisons ci-dessous, un article du journal hebdomadaire de nos camarades de Lutte Ouvrière, daté du 17/06/2026

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Le 7 juin, le gouvernement sud-africain a annoncé des mesures ciblant les travailleurs immigrés venus d’Afrique de l’Ouest, de l’Est ou des Grands Lacs, qu’il accuse de tous les maux. Ces travailleurs – 2,4 millions de personnes avec leurs familles sur une population totale de 64 millions – sont en Afrique du Sud la cible de mouvements xénophobes croissants.

Dans un continent pillé par les multinationales occidentales et ravagé par la misère et les guerres, l’Afrique du Sud peut paraître attirante avec son économie plus développée, basée historiquement sur le secteur minier. Mais les classes populaires s’entassent dans des bidonvilles où souvent l’eau et l’électricité ne sont pas accessibles en permanence et sont hors de prix. Le taux de chômage est officiellement supérieur à 33 %, et le grand patronat exploite férocement la classe ouvrière.

Ajouté à la corruption et à l’inflation, cela provoque un mécontentement profond. Des démagogues sont à l’œuvre pour que la colère se tourne contre les travailleurs immigrés. Depuis un an, une animatrice radio a organisé à Durban des rassemblements anti migrants, puis des contrôles d’identité qui ont parfois tourné au pillage de cases et d’échoppes tenues par des immigrés. Son mouvement a dépassé à présent la province du KwaZulu-Natal, rejoint par des partis d’opposition espérant tirer les marrons électoraux du feu.

Les manifestations xénophobes ont ainsi pris de l’ampleur, laissant craindre qu’elles tournent à l’émeute anti migrants, comme celles qui ont déjà frappé le pays à plusieurs reprises depuis 2008. Pour finir, ces propagandistes ont décidé que les migrants devraient avoir quitté le pays au 30 juin. Des milliers en sont déjà partis de peur de représailles. Le gouvernement de Cyril Ramaphosa et son parti l’ANC ont réagi le 7 juin en se joignant à la campagne xénophobe. Tout en condamnant les contrôles d’identité pratiqués par des civils, il ajoute sa propre pression contre les travailleurs immigrés en demandant à sa police de les ficher et en mettant sur pied des cours de justice spécifiques pour expulser les sans-papiers.

Ramaphosa prétend même mettre en prison les patrons qui emploient des salariés sans papiers. En fait, le patronat n’a rien à craindre du président, qui a été un capitaliste lui-même. L’ANC, parti de Mandela qui était auréolé de son combat contre le racisme d’État sous l’apartheid, s’est en fait allié à la grande bourgeoisie pour gouverner sous le signe du nationalisme sud-africain et gérer loyalement le capitalisme. Au pouvoir depuis trente ans, ce parti est usé et perd du terrain à chaque élection.

Le résultat est que, après avoir été autrefois à la pointe du combat contre le racisme officiel, il n’hésite pas à se joindre à son tour à des campagnes racistes contre les immigrés.