Des travailleurs organisés, les patrons n’aiment pas ça !
À Sogebat, nous avons fait un arrêt de travail le 26 janvier pour protester contre les prélèvements injustifiés sur nos salaires du 15 décembre 2025 au 26 janvier 2026.
Les faits
Depuis une rencontre avec notre employeur devant l’Inspection du travail pour lui réclamer des bulletins de paie et la déclaration Cnps, le patron avait pris l’engagement de délivrer les bulletins à partir du mois de janvier. Ce qui a été fait. Du coup, nous avons constaté que pour dix jours de travail, par exemple, les frais de transport étaient payés à 3750 F au lieu de 10.000 F. Les mêmes anomalies se sont reproduites dans le paiement des deux quinzaines suivantes. C’est à croire que le patron cherche à récupérer les 10 millions que nous lui avons arrachés le 25 décembre dernier à titre de rappel des heures supplémentaires non payées.
Trop, c’est trop ! Nous nous sommes concertés et avons arrêté le travail le lundi 26 janvier à 8h. Ā 10 heures, nous avons décidé de nous regrouper vers le site qui est plus proche de la grande route de Bassam, pour être bien vu par tout le monde. Nous avons demandé au patron de venir nous expliquer ces manquements. À son arrivé, il nous a intimé l’ordre de reprendre le service et nous a informé qu’il allait se rendre à l’Inspection du travail pour vérifier si l’erreur ne venait pas de l’inspecteur en charge de notre dossier. Nous lui avons donc dit d’aller régler le problème avec son inspecteur et qu’on attendait la réponse pour décider de la suite à donner. À son de retour il nous a dit qu’il restituerait le manquant le lendemain à 14 heures mais qu’il fallait alors qu’on se remette au travail.
Après une concertation entre nous, nous avons répondu que la journée était déjà avancée et que nous reprendrons le service le lendemain 27 janvier, mais s’il n’y a pas de suite, nous reconduirons notre mouvement. Le 27 matin, chacun était présent à son poste. Le paiement a effectivement commencé à 13 heures. Sauf que l’argent était aussi accompagné d’une «demande d’explication» pour arrêt de travail illégal. Nous attendons la décision de la direction pour décider de la réaction collective à adopter. Nous sommes maintenant assez organisés pour imposer le respect face à notre employeur.
