Élections législatives, un non-évènement pour les travailleurs et les pauvres !
En se levant le matin du samedi 27 décembre, combien de travailleurs se sont souvenus que c’était le jour de l’élection des députés ? Certainement pas beaucoup. Chacun a vaqué à ses occupations quotidiennes comme un jour ordinaire. D’ailleurs, l’ambiance dans les quartiers était toute aussi « ordinaire ». C’est en voyant la présence de corps habillés devant les écoles transformées pour l’occasion en lieu de vote, qu’on pouvait se rappeler que c’était à cause de leur cinéma électoral.
Pour les travailleurs et les pauvres, les députés font partie d’un monde qui leur est étranger et hostile, celui des gens riches. C’est une caste de politiciens pourris qui se battent pour occuper des places lucratives au parlement. Ce sont des postes qui leur servent éventuellement de tremplins pour monter plus haut dans l’appareil d’État et de s’enrichir davantage. Voilà pourquoi, les places sont chères et la concurrence rude !
Les mieux positionnés pour décrocher les postes, ce sont ceux qui ont les poches bien pleines pour arroser leur clientèle politique. C’est le cas par exemple des gens comme Bictogo, «Photocopie», Adjoumani et bien d’autres dont certains sont députés sans discontinuité depuis 1995 ! C’est aussi le cas des maires de grandes villes et autres ministres sortants qui ont déjà eu le temps de se remplir les poches.
Des candidats se sont présentés sous l’étiquette du parti gouvernemental, d’autres de l’opposition. Il y en a même qui se sont étiquetés « indépendants », ils ont été les plus nombreux. Ce sont ceux qui n’ont pas été candidatés par leur parti et ont choisi de rouler pour leur propre compte. Parmi eux figuraient des politiciens affiliés au parti de Laurent Gbagbo qui a décidé de boycotter ces élections.
Le gouvernement a annoncé un taux de participation de 35 % et le parti au pouvoir a remporté largement ces élections. Il semblerait que certains candidats ont obtenu 100 % des voix, peut-être que les morts ont aussi voté pour eux !
Ce qui est sûr, c’est que beaucoup d’argent a été distribué pour acheter des votes. Pour l’élection présidentielle, le prix à payer pour avoir une voix, c’est généralement une boîte de sardine, un pain, un tee-shirt, une casquette et le prix du transport. Évidemment, il faut payer beaucoup plus cher pour acheter le soutien des notables, des chefs de clans et autre chefs traditionnels qui ont du poids auprès des populations. Sans oublier qu’à l’intérieur du pays le vote ethnique marche bien !
Dans tous les cas, quel que soit le résultat de ces élections, les travailleurs n’avaient rien de bon à attendre. D’autant plus qu’il n’y avait pas de candidats ouvriers défendant les intérêts de la classe ouvrière dans cette jungle de politiciens professionnels corrompus jusqu’à la moelle.
Si, par exemple, un parti communiste révolutionnaire était présent à ces élections, il aurait pu utiliser cette opportunité pour dénoncer le capitalisme et pour dire haut et fort que :
– Dans cette société dirigée par la bourgeoisie, il y a deux classes sociales aux intérêts irréconciliables : les riches et les exploiteurs d’un côté, les pauvres et les travailleurs de l’autre. Tant que la société sera dirigée par les capitalistes, les travailleurs et la grande majorité de la population continueront de vivre dans la misère des bidonvilles et sous la coupe des exploiteurs.
– Les travailleurs ont tout intérêt à construire leur propre organisation indépendante et dirigée par eux-mêmes, à prendre conscience de la nécessité de se débarrasser du capitalisme et que cela ne peut se faire que par la révolution, c’est-à-dire par le renversement du pouvoir des riches et des parasites par la classe ouvrière en armes.
– En exerçant eux-mêmes le pouvoir, les travailleurs organiseront la société autrement que pour enrichir toujours plus les exploiteurs et les parasites comme c’est le cas actuellement.
– Ils mettront en commun tous les moyens humains et toutes les connaissances techniques et scientifiques non plus pour faire du profit mais pour permettre à la grande majorité de vivre dans la dignité et sans exploitation.
