Éditorial

Exploiteurs et exploités ont des intérêts irréconciliables

07 mars 2026

Les gens de l’opposition feignent de s’étonner dans leurs journaux que «malgré une croissance de 6,2%, la pauvreté ne cesse de croître» en Côte d’Ivoire. Ils font semblant d’ignorer que, croissance ou pas, les industriels, les capitalistes du bâtiment et de bien d’autres secteurs continuent d’amasser des fortunes pendant que la situation de l’ensemble des travailleurs qui produisent les richesses ou qui assurent le fonctionnement des secteurs vitaux de l’économie, ne cesse de se dégrader.

Cette situation ne découle pas de la croissance ou de la décroissance de l’économie mais de la nature même du système capitaliste. L’économie est entre les mains de la classe des exploiteurs. Ce sont eux les vrais maîtres de la société. Les « fruits de la croissance », c’est-à-dire la richesse produite par l’ensemble du monde du travail, est accaparée par eux.

Pour assurer la continuité de ce système profondément injuste et inhumain, la classe des exploiteurs s’appuie sur l’État qui, en cas de besoin, est chargé de réprimer toute révolte susceptible de mettre en cause l’ordre établi. Ceux qui gouvernent ce pays prétendent qu’ils sont là pour protéger l’ensemble de la population mais la réalité est tout autre, ici comme partout ailleurs. Ils ne sont que des agents au service des riches et sont interchangeables avec leurs concurrents de l’opposition même si parfois ces derniers peuvent avoir un langage un peu différent pour apparaitre comme une alternative crédible aux yeux d’une partie de la population. C’est un piège que les travailleurs doivent déjouer. Eux comme l’ensemble de la population pauvre, ne peuvent rien attendre de bon des politiciens qui se battent comme des chiffonniers pour diriger l’État et mettre la main sur les privilèges liés à cette fonction.

Dans cette société dominée par les prédateurs, les travailleurs n’ont pas d’autre choix que de s’organiser pour défendre leurs intérêts collectifs et de préparer le grand combat contre le système capitaliste, ou de sombrer toujours un peu plus dans la pauvreté. C’est une question de vie ou de mort entre les deux classes sociales dont les intérêts sont fondamentalement opposés.

Ce n’est qu’en arrachant le contrôle de l’économie des mains de la bourgeoisie et en prenant la direction du pouvoir que les travailleurs pourront organiser l’économie et la société autrement que sur la base de l’exploitation de l’homme par l’homme et de l’oppression de la grande majorité par une petite minorité parasite.