Jiangsu Zhenhuai : patron mafieux, autorités complices !
Le matin du mardi 08 septembre dès 6H30, les travailleurs ont déposé leur matériel de travail pour exiger le paiement des rappels de salaire non payés.
Jiangsu Zhenhuai a plusieurs chantiers dont ceux de Pk25 sur l’autoroute du nord à Yopougon pour la construction de bâtiments commerciaux de hauts standings, des usines, etc. Ici, des travailleurs sont payés à 4000 Fr la journée de 10 heures, 7 jours sur sept sans repos ! Les heures supplémentaires ne sont pas payées. Il n’y a pas de bulletin de paie, pas d’EPI, rien ! Les accidents sont fréquents.
Au début du mois de juillet, les travailleurs avaient marqué deux jours d’arrêt de travail, malgré la pression des gendarmes présents sur les lieux aux ordres du patron. L’inspection du travail avait tranché en faveur des travailleurs mais le patron n’en a eu cure car il se croit tout permis. Le seul langage qu’il comprend c’est celui du rapport de force. Tout le reste n’est que perte de temps et tromperie. Le 4 et 5 août, il y a eu de nouveaux arrêts de travail, mais le patron n’a rien cédé, bien au contraire il a renvoyé toutes les têtes qui dépassaient.
C’est ainsi que le 8 septembre, les travailleurs se sont de nouveaux mis en grève. Vers 8H du matin, la gendarmerie et la police ont fait leur entrée sur le chantier et ont dit aux ouvriers : « vous n’avez pas de contrat qui vous lie au patron, donc vous n’avez pas le droit de bloquer son chantier. Laissez travailler ceux qui veulent. Les autres, vous dégagez !».
Aux environs de 11 heures, un travailleur s’est fait bastonner par les forces de l’ordre. La situation a pris une tournure violente. Les autres ouvriers ont décidé de riposter et une course poursuite a éclaté dans les champs de manioc. Cela s’est soldé par des bastonnades et l’interpellation de plusieurs travailleurs. Les uns ont été embarqués à la brigade d’Anyama, les autres au poste de police. Certains, dont on ignore encore le nombre, ont été déférés au parquet de Yopougon avant d’être transférés à la Maca (prison civil). Le lendemain mercredi 9 septembre, certains travailleurs ont repris le travail.
Les cinq camarades retenus à la brigade d’Anyama ont été libérés le vendredi 11 septembre, suite au retrait par le patron de la plainte qu’il avait déposée contre les grévistes. Ce n’était pas un geste gratuit mais un chantage puisqu’il a exigé au préalable que les travailleurs signent un engagement d’abandonner leurs revendications concernant le rappel des salaires et acceptent leur renvoi. C’est de cette façon mafieuse que ces cinq travailleurs ont été libérés.
Quant aux autres travailleurs, ils sont toujours incarcérés à la Maca. Les négociations pour leur libération sont en cours. En attendant, les travailleurs ont fait profil bas et repris le travail.
