Les patrons font la loi quand les travailleurs baissent les bras
Un travailleur de Dream Cosmetics, située dans la zone industrielle de Yopougon témoigne des problèmes liés aux coupures de courant dans cette entreprise.
« Nous subissons aujourd’hui des coupures de courant et lorsque nous arrivons au travail la direction nous demande, à nous les journaliers, de rentrer chez nous. Nous avons payé le transport pour arriver au travail et voilà que nous devons payer le transport pour rentrer chez nous sans que la journée soit pointée. On a des collègues qui sur une semaine n’ont travaillé qu’un seul jour alors que même en travaillant tous les jours, le salaire est largement insuffisant pour joindre les deux bouts. La fois passée, nous sommes arrivés pour le quart de nuit. Dès que nous sommes entrés, le courant s’est coupé. Ne sachant pas à quelle heure le courant allait revenir, la direction nous a demandé d’attendre. À 23h, toujours pas de courant et puis la direction nous a demandé de rentrer mais elle s’est heurtée à un refus catégorique des travailleurs. Déjà à 22h on a des difficultés pour avoir un transport en commun, mais à 23h c’est pire. Nous ne savons pas encore si cette nuit sera payée. Pour l’instant les travailleurs embauchés ne semblent pas être touchés par des coupes dans leur salaire. Mais si ça continue, ils craignent d’être impactés par le «chômage technique» comme cela s’est déjà vu auparavant.
Nous les travailleurs, ne sommes pas responsables de cette situation, ce n’est pas à nous d’en faire les frais ».
Les travailleurs de Dream Cosmetics ne sont certainement pas les seuls à vivre cette galère dans cette vaste zone industrielle où sont implantées environ 400 entreprises avec environ 180 000 ouvriers (selon une étude publiée en 2023). Mais quand un salarié se bat tout seul dans son coin, il n’a aucune chance de faire plier son patron, d’autant plus que celui-ci bénéficie du soutien des autorités politiques. Ce que les exploiteurs assoiffés de profits craignent le plus c’est la force collective des travailleurs et la contagion des grèves et des révoltes. À force de les mépriser et de les exploiter comme s’ils étaient des robots, les capitalistes finiront par déclencher la colère longtemps retenue et ce ne sera pas une menace de renvoi qui arrêtera un tel mouvement.
