Moyen-Orient : à bas la guerre impérialiste
La perte de 4 avions de guerre de l’armée américaine au dessus de l’Iran entre le 3 et le 5 avril montre que la guerre au Moyen-Orient ne s’est pas terminée « en quatre à cinq semaines » comme le prétendait Donald Trump au début des premiers bombardements sur la capitale iranienne par l’aviation américaine et israélienne. Les bombes continuent de tomber sur ce pays en faisant d’innombrable victimes parmi les civils, femmes, enfants, vieillards qui n’ont commis comme seul crime que celui d’être nés dans ce pays et d’y vivre sous la dictature moyenâgeuse des mollahs. Des écoles, des hôpitaux et des infrastructures utiles à la population sont détruits. C’est un massacre innommable que sont en train de commettre les gouvernements américain et israélien.
Trump a prétendu qu’il venait au secours du peuple iranien pour lui apporter la liberté en décapitant le régime des mollahs, mais ce qu’il est en train de faire c’est de mettre le pays à feu et à sang.
Si le Moyen Orient est devenu une poudrière c’est à cause des rivalités entre les puissances occidentales (principalement les États-Unis, l’Angleterre et la France) depuis qu’on y a découvert du pétrole et du gaz naturel en grande quantité. Chacune d’elles, les États-Unis en tête, y a poussé ses pions en s’appuyant sur les rivalités entre les régimes féodaux locaux. Et puis elles ont soutenu et armé l’État israélien pour lui donner le rôle de gendarme local du Moyen-Orient quitte à lui laisser la liberté d’opprimer et d’écraser le peuple palestinien.
L’Iran, quand il était sous le règne sanguinaire du Shah durant plus de trois décennies, fut un des alliés fidèles de l’impérialisme américain. Mais depuis qu’il fut balayé, en février 1979, par une révolution populaire à la tête de laquelle se trouvait Khomeiny, un haut dignitaire religieux, les relations avec les pays impérialistes ne furent plus les mêmes.
Khomeiny s’est appuyé sur la haine de la population contre le shah et a encadré la mobilisation populaire par le clergé chiite et les militants islamistes pour instaurer une dictature basée sur la loi islamique. Il a mis au pas toute la population, à commencer par les femmes et ceux qui réclamaient plus de libertés démocratiques.
Khomeiny est mort en 1989 mais la dictature islamiste est restée la même, tout comme sa posture nationaliste vis-à-vis de l’occident. En réalité, sa dictature n’a jamais gêné l’impérialisme américain, de même qu’il n’a jamais été gêné par celle du shah. Mais ce qu’il n’a jamais toléré (à Khomeiny et à ses successeurs) c’est le fait qu’ils ne lui obéissaient pas au doigt et à l’œil.
Étant donné que l’Iran est un grand pays pétrolier et que sa production échappait au contrôle de l’impérialisme américain, tout comme son commerce et ses banques, le régime des mollahs est devenu une cible à abattre, et cela date de bien avant l’arrivée de Trump au pouvoir.
La guerre actuelle au Moyen-Orient plonge la planète dans une nouvelle crise économique aux conséquences multiples. Bien que l’armée américaine soit mille fois plus puissante que celle de l’État iranien, le fait que ce dernier a le contrôle du détroit d’Ormuz lui a permis d’avoir une capacité de nuisance face à l’impérialisme américain. Depuis le 28 février, cet étroit passage par lequel transitent habituellement 20 % du pétrole et du gaz mondial, une multitude de matières premières, ainsi qu’une immense flotte de porte-conteneurs, est quasiment bloqué. Alors que 120 bateaux passaient chaque jour par ce détroit, le pouvoir iranien en laisse désormais passer moins de dix, battant pavillon indien, chinois ou d’autres pays qui condamnent l’attaque israélo- américaine.
Conséquence de ce blocage, les exportations d’hydrocarbures de la région sont quasiment à l’arrêt, privant le monde de 11 millions de barils par jour, soit un dixième de la consommation mondiale. Le Qatar, deuxième producteur mondial de gaz, annonce qu’il lui faudra plusieurs années pour remettre en état une usine de GNL partiellement détruite, tandis que des puits de pétrole sont mis à l’arrêt dans certains pays. Ce qui, a fait dire au directeur de l’Agence internationale de l’énergie que cette guerre représente « la plus grande menace pour la sécurité énergétique mondiale de toute l’histoire ».
Dans de nombreux pays, notamment en Asie, la pénurie d’hydrocarbure pèse déjà sur la production de nombreux dérivés chimiques du pétrole, ainsi que sur le transport routier et aérien. Cette pénurie se traduit déjà par le renchérissement de certains produits de consommation courante et si cette situation au Moyen Orient s’aggrave encore plus, ce sont des millions de personnes dans le monde qui en feront les frais, même si elles se trouvent à des milliers de kilomètres de la zone de conflits.
Sous la domination du capitalisme mondial, la planète entière est devenue un baril de poudre prêt à exploser. La guerre en cours au Moyen Orient peut très vite s’étendre et entrainer d’autres conflits ailleurs, bien plus loin que le Moyen Orient. Aucune paix durable ne sera possible tant que l’impérialisme imposera sa loi au Moyen-Orient comme sur le monde entier.
