Sénégal : manifestation contre la vie chère

12 septembre 2026

Alors que l’État sénégalais est endetté jusqu’au cou, alors que la population pauvre ne cesse de payer la facture de cette dette sous forme de blocage de salaires, d’augmentation du prix de l’électricité et des loyers, de la flambée des prix des denrées et du carburant, etc., le président Diomaye Faye a décidé de décaisser plus de 36 milliards de francs Cfa pour organiser les Jeux Olympiques de la Jeunesse à Dakar. Ces jeux se tiendront du 31 octobre au 13 novembre 2026.

Ces milliards ont été dépensés pour réaliser des travaux de prestige comme la construction d’une piscine olympique, la rénovation du stade Iba Mar Diop, ainsi que d’autres travaux dits d’embellissement et de végétalisation des alentours du stade Léopold Sédar Senghor. Par « embellissement » il faut comprendre déguerpissement de milliers de personnes dans les rues de la Médina et aux abords des lieux où se dérouleront les compétitions sportives

Croyant qu’il allait être accueilli comme un héros, le président, en compagnie de son épouse, a voulu faire une sortie en ville pour faire une visite de chantiers le samedi 5 septembre. Mal lui en a pris puisque, presque au même moment, une manifestation contre la vie chère a éclaté dans certains quartiers de la capitale. Ce sont des influenceurs de réseaux sociaux qui ont été à l’initiative de cette marche dite « des paniers vides ». Leur appel a été suivi par des centaines d’habitants excédés par la vie chère.

La mobilisation a démarré dans le quartier de Castors. Les manifestants, dont plusieurs portaient des tee-shirts floqués au nom du collectif « 30 Jours pour le Juste Prix », ont défilé avec des pancartes portant des messages tels que « Stop à la cherté de la vie ». Certains ont brandi des ustensiles de cuisine ou des paniers vides, des slogans dénonçant les loyers chers, l’électricité chère ont été scandés. Il y a eu également des manifestations dans d’autres villes de l’intérieur.

Le gouvernement n’a pas osé (ou n’a pas eu le temps de mobiliser les forces de répression) mais la peur de l’extension du mouvement a été réel puisque le chef de l’État s’est senti obligé de faire quelques annonces précipitées, du genre « réguler le prix des loyers », « lever le gel des importations d’oignons pour en faire baisser le prix », etc., pour tenter de désamorcer la colère dans les quartiers populaires. Mais, comme le dit un dicton, les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

Les syndicats ont brillé par leur absence dans cette mobilisation, alors que de nombreux travailleurs auraient peut-être souhaiter crier aussi leur colère contre les bas salaires et les salaires bloqués alors que les prix ne cessent de grimper.