SIFOM-CI : il faut payer pour se faire exploiter !

07 mars 2026

Sifom-CI est une entreprise de production de sachets en plastique située dans la zone industrielle de Yopougon. Les chômeurs qui voudraient être embauchés dans cette usine sont contraints de débourser de fortes sommes pour avoir une chance d’être sélectionnés. Une victime de cette injustice raconte ici son désarroi et son dégoût.

«J’étais en quête d’emploi, quand j’ai appelé une personne qui travaille à Sifom-CI. Elle m’a informé que cette entreprise avait besoin de travailleurs. C’est ainsi que j’ai constitué mon dossier. La Direction des ressources humaines m’a appelé dès le lendemain me demandant de me rendre à l’usine. J’ai été prise comme «emballeuse». Les filles déjà engagées m’ont donné des informations sur le salaire journalier : 4600 Fr pour 8 heures de travail. Le travail de nuit est payé à 6000 Fr.

À la pause, une personne est venue me dire que mon travail est bon et qu’il me fallait maintenant payer 50.000 F pour garder ma place. N’ayant pas cette somme et n’étant pas du tout d’accord pour payer, je me suis révoltée. J’ai alors reçu des menaces. Ne sachant pas à quoi je pouvais m’exposer, j’ai laissé tomber et me suis dirigée vers le portail pour rentrer chez moi».

Dans la zone industrielle de Yopougon la très grande majorité des travailleurs sont des journaliers et vivent la même réalité. Pour contourner la loi limitant à trois mois tout contrat journalier, les entreprises renouvellent régulièrement leurs effectifs. Du coup, tout un trafic lié au recrutement de journaliers s’est créé dans les usines. Les travailleurs subissent le racket. Non seulement ils se font exploiter, mais ils doivent en plus payer pour cela.

Ce sont toutes ces injustices subies par les travailleurs qui s’ajoutent les unes aux autres. Un jour, tout ça finira par exploser ! Ce sera une chose que la bourgeoisie n’aura pas volée !