Sogébat : travailleurs en lutte

03 janvier 2026

Sogébat est une entreprise des gros œuvres dans le BTP. Elle s’occupe des chantiers de l’entreprise Albani, un peu partout à travers la ville d’Abidjan et même à l’intérieur du pays. Elle emploie près de 200 travailleurs, presque tous des ouvriers qualifiés en menuiserie, ferraillage et maçonnerie.

Les travailleurs de cette entreprise, très remontés contre les mauvais traitements qu’ils subissent, ont marqué un arrêt de travail pendant 5 jours, du 19 au 24 décembre 2025. Ce mouvement a paralysé tous les chantiers de la Riviéra Mbadon, Koumassi et Marcory.

C’est depuis le mois de juillet 2025 que ces travailleurs ont déposé toute une liste de revendications : 27 millions d’arriérés de salaires, déclaration à la Cnps, élection des délégués du personnel, octroi de matériels de protection (Epi), etc.

En réponse, la Direction a inventé un prétexte pour licencier le principal porte-parole des travailleurs. Cela a déclenché une première grève d’une journée.

Après plus de 5 mois d’attente, le seul point que la direction a exécuté, est l’élection de délégués du personnel, cela ne lui coûte pas grand chose. Pour le reste des points, un rendez-vous a été pris pour le jeudi 18 décembre à l’Inspection du travail. Mais là, la direction a brillé par son absence. Fatigués d’attendre, les travailleurs ce sont réunis le même jour et ont décidé de se mettre en grève dès le lendemain.

Pour briser le mouvement, la Direction a décidé de fermer les chantiers jusqu’au lundi 22 décembre, mais les travailleurs ont décidé de poursuivre la grève. Du coup, le patron a accepté de payer, au plus tard le mercredi 24 décembre, la somme de 15 millions sur les 27 exigés par les grévistes. C’est sur cet accord que le travail a repris le mardi. Mais la direction n’a pas tenu sa promesse. Cela a été ressenti comme un mépris total des travailleurs et déclencha une révolte.

Dès le mercredi matin, toutes les activités des chantiers d’Albani furent bloquées, y compris celles d’autres entreprises. Voyant la situation se dégrader et surtout la détermination des grévistes, le directeur de l’entreprise Albani mena lui-même la négociation. Alors, après avoir paralysé tous les chantiers, les ouvriers se dirigèrent tous vers le bureau de Sogébat et campèrent devant jusqu’à 22 heures, malgré les intimidations de la police venue au secours des patrons.

Le 25 décembre, après plusieurs tracasseries, la direction décaissa 10 millions aux travailleurs présents sur les chantiers.

Les travailleurs, même s’ils n’ont pas réussi à arracher tout ce que leurs patrons leur ont volé, ont tout de même obtenu une petite victoire. Ils ont en même temps montré que c’est seulement par la mobilisation et la lutte que les travailleurs peuvent défendre leurs intérêts