Xin Hao : c’est de l’esclavage ou quoi ?
(Témoignage d’un lecteur):
«Il y a à peine trois mois, j’ai été embauché chez XIN HAO, une entreprise chinoise de production de fer à béton, située dans la nouvelle zone industrielle de pk 24 sur l’autoroute du nord. Nous sommes près de 400 travailleurs et n’avons pas d’équipements contre les accidents. Aucun n’est déclaré à la Cnps et la paie se fait de la main à la main, sans bulletin de salaire.
De plus, nous travaillons sept jours sur sept et 11 heures par jour avec un salaire de 4.500F. Celui qui fait 8 heures, est payé à 4.000 F. Celui qui s’absente un jour dans la semaine, est pointé à 3.500F le reste des jours jusqu’à la fin de la semaine.
J’ai eu un accident de travail avec une machine. La direction s’est chargée des soins et les deux quinzaines qui ont suivi ont été payées. Après cela, pendant mon repos médical, mon superviseur m’a demandé de me présenter à l’entreprise afin que le patron me voie et que même si je ne travaille pas j’aurais ma paye, sinon je ne serai pas payé. Malgré ma présence au travail, on ne m’a pas payé le salaire de la dernière quinzaine de janvier
Voila dans quelle situation nous nous trouvons actuellement. Pour le moment, c’est la peur de perdre notre travail qui règne parmi nous. Mais ce patron finira peut-être par récolter ce qu’il mérite quand, tous unis, nous lui montrerons que nous ne sommes pas ses esclaves !»
Cette situation n’est pas spécifique aux ouvriers de cette usine, loin de là ! C’est à peu près la même réalité que vivent les ouvriers dans la grande majorité des usines de cette zone, tout comme des centaines d’autres situées dans la zone industrielle de Yopougon. La rapacité des capitalistes ne connait pas de limite. Pour l’heure les travailleurs subissent, mais tôt ou tard la goutte d’eau finira par déborder le vase ! Ensemble, les travailleurs constituent une force colossale. Tissons des liens utiles pour nous organiser et préparer les luttes inévitables à venir. Alors, nous serons assez forts et nombreux pour ne pas nous contenter de revendiquer des miettes.
