Éditorial

Bas salaires, misère, vie chère, L’avenir pour les travailleurs c’est Le renversement du système capitaliste !

07 février 2026

À l’issue des dernières élections, la principale critique du Pdci, du Ppa-ci et de tous ces politiciens qui se réclament de l’opposition, se résume à dénoncer le fait que ce sont les mêmes dirigeants, le même parti politique qui gardent encore le pouvoir. Voilà que monsieur «photocopie», disent-ils, décroche le poste de «vice-premier ministre, pour succéder demain à Ouattara». Ces opposants sont surtout bien pressés de passer eux aussi à la soupe. Voilà leur problème !

Mais du côté des travailleurs, rien ne va : les salaires de misère, les conditions de travail qui ne cessent de se dégrader, les faux contrats d’embauche, le chômage, la précarité qui touche maintenant toutes les familles, la cherté de la vie, le loyer qui est en total décalage par rapport au salaire, etc.

Sur ces questions vitales qui concernent notre vie de tous les jours, nous n’avons rien à attendre des dirigeants politiques qui se bousculent pour arriver au pouvoir et mettre la main sur les caisses de l’État. Pendant que les travailleurs triment du matin au soir et parfois du soir au matin dans les usines, sur les chantiers, dans les docks, dans les plantations ainsi que dans de nombreux domaines utiles tels que la santé, l’éducation, la voirie et autres, les capitalistes et leurs laquais au pouvoir se remplissent les poches.

Ouattara peut se permettre d’accumuler mandat sur mandat tant qu’il bénéficie de la protection de l’impérialisme français et tant que les trusts internationaux peuvent continuer à piller les richesses du pays. Il peut se le permettre d’autant plus que le mécontentement populaire ne le menace pas. De nombreux politiciens lui font la courbette, y compris ceux qui n’ont pas toujours été dans son camp politique, pour obtenir un strapontin ministériel ou un poste lucratif dans la haute administration. Certains comme KKB ont déjà obtenu cette faveur en guise de remerciement pour lui avoir servi de marchepied il y a cinq ans, lors de la précédente élection présidentielle. Il en est de même pour Ahoussou Kouadio, Adjoumani, Mabri Touakeuse, pour ne citer que ceux-là. Ils ont été nommés «conseillers du Président», avec le grade de «Ministre d’État». C’est sûr que gens-là n’ont pas de souci de courbatures en se levant le matin ! D’autres attendent encore à la porte, c’est peut-être le cas de Simone Gbagbo et autre Blé Goudé qui semblent donner des signaux dans ce sens.

Le nouveau gouvernement récemment formé déclare que son objectif est de «construire une grande Côte d’Ivoire moderne, inclusive et prospère». Mais la «prospérité» c’est pour les riches, eux qui ne font rien de leurs dix doigts et qui amassent des fortunes sur le dos des travailleurs. L’autre face de cette «prospérité», ce sont les travailleurs qui se tuent à la tâche ; certains sont contraints d’effectuer deux services dans la journée, abattant 16 heures d’un dur labeur, usant leur santé, chaque jour un peu plus !

Il y a parfois des luttes sur certains chantiers, dans des ateliers ou autres lieux de travail, mais tant qu’elles restent isolées, le patronat avec l’aide des autorités politiques parvient à les éteindre sans grands frais. Parfois ce sont des habitants des quartiers populaires qui manifestent contre la vie chère, les déguerpissements, les coupures d’eau, etc. Jusqu’à présent le gouvernement s’en est sorti à coups de matraques, de grenades lacrymogènes et d’arrestations. Mais lorsqu’il y aura une grosse explosion de colère avec des centaines de milliers de manifestants prêts à défier les forces de l’ordre, les matraques ne suffiront pas. C’est ce qui vient de se passer en Iran. La réponse du régime dictatorial des dignitaires religieux islamistes a été à la hauteur de leur crainte de perdre le pouvoir. Ce fut un bain de sang, il y a eu plusieurs dizaines de milliers de morts, de blessés et d’emprisonnés.

D’autres soulèvements ont eu lieu il y a quelques mois dans un certain nombre de pays en Afrique, en Asie ou au Moyen-Orient. Mais pour que l’énergie et les sacrifices déployés au cours de ces soulèvements ne soient pas vains il faut qu’il y ait une véritable direction politique révolutionnaire. Et c’est seulement au sein du prolétariat qu’une telle direction peut naître, en ayant comme objectif de prendre consciemment la tête de la révolte tout en ayant sa propre organisation et ses propres objectifs politiques.

L’aspiration élémentaire à nourrir sa famille, à se loger sous un vrai toit, à ne plus subir la loi des bandes armées, l’aspiration aux libertés démocratiques, au droit de vivre à sa guise et de s’exprimer comme on veut, se heurte à un mur dans tous les pays dominés par l’impérialisme. Le sort des exploités ne peut pas changer en profondeur tant que durera la domination de la bourgeoisie sur le monde. Cette domination repose sur l’exploitation de centaines de millions de travailleurs partout dans le monde. Ces travailleurs sont reliés entre eux par les mille liens de la production et de l’économie capitalistes. Qu’ils soient du Moyen-Orient, d’Afrique, d’Asie ou des métropoles impérialistes, ils ne forment qu’une seule et même classe ouvrière internationale.

L’avenir de la classe ouvrière comme de l’ensemble des populations qui souffrent du pillage et de la domination du système capitaliste passe par le renversement de ce système. Les travailleurs, parce que ce sont eux qui produisent les richesses et font fonctionner la société, sont capables de diriger la société, d’organiser la production, d’utiliser les connaissances et les moyens techniques non plus pour satisfaire les besoins des exploiteurs mais ceux de la majorité de la population. Le pouvoir ouvrier supprimera les frontières, tendra la main à tous les opprimés de la terre et les aidera pour qu’ils fassent la même chose dans leur pays. Alors oui, de nouvelles perspectives s’ouvriront pour tous les exploités et les opprimés de la terre !

À nous qui vivons et travaillons en Côte d’Ivoire, notre tâche c’est de bâtir cette organisation politique des travailleurs autour d’un programme politique communiste révolutionnaire et internationaliste s’inspirant de l’expérience des révolutionnaires qui ont permis en 1917 à la classe ouvrière de prendre le pouvoir en Russie.