Filière cacao : le capitalisme sévit
Les planteurs de Cacao de M’Batto, au centre-est, ont manifesté leur colère pour réclamer le paiement de leurs produits. Ils ont barricadé la voie principale de la ville. Certains d’entre eux possèdent des reçus d’achats datant de novembre 2025 mais ils attendent toujours leur argent et pendant ce temps, les acheteurs font fructifier cet argent en faisant de la spéculation à bon compte. Mais les autorités publiques, au lieu d’obliger ces acheteurs véreux à verser l’argent aux paysans, ont envoyé la gendarmerie pour mettre fin à la manifestation.
Les petits acheteurs ou les coopératives de la filière cacao ne sont pas les seuls à spéculer sur le dos des petits paysans. L’État s’y est mis lui aussi en décidant de baisser le prix bord champ du cacao qui est passé de 2800f à 1200f le kilo.
Un haut responsable dans « la régulation et la gestion de la filière café-cacao » s’est lui-même tellement enrichi à ce poste qu’on dit qu’il a aujourd’hui une plantation de 300 hectares d’hévéa dans la région d’Agboville et se déplace en hélicoptère, en brassant de l’argent à tour de bras. Ne parlons même pas des profits faramineux que se font les multinationales de l’agrobusiness ainsi que les spéculateurs des grandes places financières.
Le gouvernement dit à tout bout de champ que le cacao est « le poumon de l’économie ivoirienne ». Ce qui est sûr c’est que les principaux bénéficiaires ne sont ni les petits paysans ni les ouvriers agricoles qui triment dans les plantations et qui continuent de vivre dans la misère. Par contre, les margoulins et les capitalistes de cette filière en font leur beurre !
