Les discours…et la réalité

08 août 2026

Le Directeur général du «Conseil Coton Anacarde Karité» (CCAK) a fait un discours pompeux «sur l’importance de la santé et de la sécurité au travail». «La protection du capital humain, a-t-il déclaré, est au cœur de la stratégie de la Direction Générale (…). La sécurité au travail (…) est avant tout un impératif pour le bien humain…». De qui se moque-t-il ?

Prenons l’exemple du coton dont la Côte d’Ivoire est l’un des cinq plus grands producteurs en Afrique. Il est essentiellement produit par plusieurs dizaines de milliers de petits paysans dans des conditions révoltantes. Chacun possède en moyenne deux à trois hectares de champ de coton. Le travail ne manque pas, toute la famille y participe, y compris les enfants. On utilise toutes sortes de produits chimiques : des désherbants, des insecticides dont le Glyphosate, le Kalach ou la Cypermétrine que leur fournissent les industries d’égrenage. Tous ces produits sont hautement toxiques et peuvent provoquer des cancers et des troubles neurologiques.

Dans les usines d’égrenage de coton, des ouvriers sont aussi au contact de produits tout aussi dangereux. Les moyens de protection mis à leur disposition sont complètement dérisoires. Il arrive donc souvent qu’ils s’évanouissent en plein travail. Même les magasiniers qui gèrent les zones de stockage en souffrent.

Les dirigeants de ces entreprises peuvent toujours faire des discours sur la sécurité et la santé au travail mais ce qui les intéresse avant tout, c’est le profit qu’ils font sur le dos des petits paysans et des travailleurs …avec la complicité des autorités politiques.