Les travailleurs sont exploités et pressurés
La rentrée des classes représente toujours des moments de grande difficulté pour les travailleurs qui ont des enfants à scolariser. En temps normal, les bas salaires écrasés par le coût de la vie qui ne cesse de grimper, ne permettent pas de couvrir les besoins les plus élémentaires des familles ouvrières. Ajouter à cela les dépenses de la rentrée, c’est mission impossible.
La minorité de travailleurs embauchés, qui ont la « chance » d’avoir un compte en banque peuvent obtenir des prêts scolaires auprès de leur banque. Mais contracter un tel prêt, c’est se mettre la corde au cou pour de longs mois.
Sur ce sujet, voici le témoignage d’un travailleur de la zone industrielle de Yopougon.
« À l’approche de la rentrée scolaire, nous les travailleurs parents d’élèves, sommes confrontés à d’énormes difficultés pour faire face aux charges scolaires qui nous incombent vu le maigre salaire que nous percevons. Alors pour faire face à ces charges, nous sommes obligés de recourir à des prêts scolaires auprès des banques. Si ton dossier est accepté, pour un prêt de 350.000 francs à rembourser en un an, tu auras un supplément de 46.350 Fr à payer à titre d’intérêt et de frais divers. Une véritable escroquerie.
En cas de coup dur comme une maladie grave, un décès ou un déguerpissement sauvage comme c’est à la mode aujourd’hui, beaucoup d’entre nous vont faire appel aux « margouillats » qui sont présents devant les usines. Avec eux, le taux d’intérêt est entre 30 et 40%. L’usurier te confisque ta carte magnétique pour être sûr du remboursement. Le jour du virement, vous allez ensemble à la banque.
Dès que tu entres dans l’engrenage, tu es complètement aspiré. Tu restes endetté jusqu’à ta retraite et pour certains jusqu’à leur mort ».
